Tongs et bermuda, ou mini jupe et espadrilles. En cette période estivale, la tentation de débarquer au bureau en tenue légère est grande. Mais cet accoutrement  n’est pas toujours du goût des employeurs. «Chaque année, lorsqu’il commence à faire chaud, des litiges éclatent entre salariés et employeurs à ce sujet», observe Thomas Godey, avocat en droit social au sein du Cabinet BRL.

Car si les salariés ont en principe la liberté de se vêtir comme ils veulent, celle-ci peut être restreinte par l’employeur. «Ce dernier peut spécifier dans le règlement intérieur, dans une note de service ou même dans le contrat de travail, certaines règles vestimentaires, pour des raisons d’hygiène et de sécurité ou en cas de contact avec la clientèle. Mais cette restriction doit impérativement être justifiée par la nature des tâches à accomplir et ne concerner que certains postes», précise Thomas Godey.

L’employeur peut par exemple, vouloir interdire le port de la mini jupe à une salariée en contact avec des clients, qui pourraient être gênés par sa tenue. «La plupart du temps, l’employeur demande au salarié dont il juge la tenue incorrecte, de se changer. Les problèmes commencent quand le salarié en question persiste à porter le vêtement», souligne Maître Godey. Plusieurs salariés ont ainsi été licenciés après avoir tenu tête à leur patron, obligeant l’entreprise à expliquer aux juges l’incompatibilité entre la tenue vestimentaire et le travail demandé.

Prévenir plutôt que guérir

Pour éviter ce genre de litiges, certaines entreprises communiquent beaucoup en amont, à l’instar de Phone régie, spécialiste de l'accueil en entreprise. «A chaque embauche, nous donnons à nos nouvelles recrues un livret de bienvenue qui contient des consignes de présentation. Ce point est aussi relayé lors d’une formation e-learning aux nouveaux embauchés et également par les managers» détaille Emmanuel Gautret, le DRH. Des règles qui ne sont pas trop précises pour laisser suffisamment de latitude aux salariés, même si le jean, les baskets et les talons compensés sont clairement proscrits. Malgré cet effort de pédagogie, «des rappels à l’ordre sont parfois nécessaires, indique Emmanuel Gautret, mais les salariés en question ne s’opposent généralement pas à un changement de tenue».

Chez SGS, spécialiste de l'inspection, du contrôle, de l'analyse et de la certification, on préfère prêcher par l’exemple : «J’ai remarqué que les salariés s’habillent souvent comme leurs managers. On compte donc sur le mimétisme, même l’été», explique Francis Bergeron, le DRH de SGS. L’entreprise a donc décidé de ne pas édicter de règlement concernant la tenue vestimentaire de ses 2.700 salariés. «Une note de service à ce sujet serait prise comme une forme de caporalisme. Alors qu’une simple remarque en cas de tenue incorrecte suffit généralement à régler le problème» poursuit-il. Des rappels à l’ordre ont plusieurs fois été ainsi adressés à des salariés venus travailler en short et à des laborantins qui portaient des tongs, «ce qui représente un risque pour leur sécurité», précise Françis Bergeron. Mais dès le lendemain, les salariés avaient changé de tenue.

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