Les cahiers de vacances rassurent les parents

Delphine Bancaud

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Ventes en hausse pour les cahiers de vacances.
Ventes en hausse pour les cahiers de vacances. — F. ELSNER / 20 MINUTES

Un succès qui doit beaucoup à la pression scolaire. Malgré la crise et un marché du livre en repli depuis plusieurs années (-3,2% en volume pour 2012), le marché des cahiers de vacances se porte comme un charme. D’après une nouvelle étude de l’institut d'études de marché GFK, 4 millions d’exemplaires se sont écoulés dans l’Hexagone en 2012 et ont généré 25 millions de chiffres d’affaires.

 «Avec la crise, la réussite à l’école est portée aux nues par les parents, qui estiment que c’est la seule garantie d’intégrer le monde du travail par la suite. Donner des devoirs de vacances à leurs enfants, c’est un moyen pour eux de les aider à préparer la rentrée, en leur faisant réviser les notions acquises le long de l’année et en leur permettant de démarrer l’année dans de bonnes conditions psychologiques», explique Monique de Kermadec, psychologue clinicienne et psychanalyste.

La concurrence entre les élèves joue aussi un grand rôle dans cette importance accordée au travail estival, selon elle: «Les parents ont conscience que dans les autres familles, les enfants travailleront l’été. Ils veulent donc donner les mêmes chances à leur progéniture, voire même la placer en position de force, en lui faisant aborder des notions du programme de l’année suivante».

Responsabiliser l’enfant 

Une course à l’échalote qui peut pourtant s’avérer contre productive. Car pour Monique de Kermadec, pour que le travail estival soit utile, il faut que «les enfants y consentent». «L’idéal est de limiter le temps de révision à 30 minutes pour un élève de primaire et à 1h30 pour un collégien. Il est également préférable de le laisser choisir le moment de la journée où il aura le plus envie de travailler et d’établir avec lui un programme». La psychanalyste recommande aussi aux parents de laisser un repos complet aux enfants les quinze premiers jours de vacances afin de leur permettre de souffler avant de se remettre dans le bain.

*Elle est auteur de Pour que mon enfant réussisse, paru chez Albin Michel.