L'opposant au mariage pour tous incarcéré à Fleury-Mérogis rejugé mardi

JUSTICE Il a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme mi-juin, notamment pour rébellion, ce qui avait suscité de vives réactions dans les rangs des anti-mariage pour tous...

20 Minutes avec AFP
— 
Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013.
Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013. — V. WARTNER/ 20 Minutes

La cour d'appel  de Paris jugera  mardi Nicolas Buss, l'opposant au mariage pour tous, condamné à quatre  mois de prison dont deux ferme mi-juin, notamment  pour rébellion, et  incarcéré depuis, ce qui avait suscité de vives  réactions dans les rangs  des anti-mariage pour tous. Il sera également rejugé le même jour après  sa condamnation  fin mai à une amende de 200 euros avec sursis pour sa  participation à  une action surprise sur les Champs-Elysées quelques  jours plus tôt. Le  parquet a fait appel de la décision.

Sa demande de remise en liberté devrait être également examinée lors de l'audience. L'étudiant de 23 ans à l'Institut catholique  de Paris, qui a  participé à tous les défilés contre la loi Taubira,  avait été interpellé  deux fois à trois semaines d'intervalle alors  qu'il participait à des  manifestations non-autorisées. Pour son deuxième passage en comparution  immédiate, le 19  juin, le tribunal correctionnel de Paris l'avait  condamné pour rébellion  et fourniture d'une identité imaginaire.

«Centaines de lettres de  soutien»

Estimant que Nicolas Buss était un  «prisonnier politique»,  ses camarades ont depuis organisé plusieurs  manifestations de soutien.  Des veilleurs «debout» se relaient aussi  depuis deux semaines, jour et  nuit, devant le ministère de la Justice  et plusieurs palais de justice  en France. Son avocat, Me Benoît Gruau, a évoqué le  «traitement très  dur» subi en détention par son client qui a un temps  été placé à  l'isolement.

Il a «reçu des centaines de lettres de  soutien, de France  et de l'étranger», mais «très peu» de courrier  hostile, a ajouté Me  Gruau. Et plusieurs députés, dont l'UMP Hervé  Mariton, très engagé  contre la loi Taubira, lui ont rendu visite en  prison. Ses parents avaient lancé dans le quotidien  La Croix un appel  au calme : «Ne faites pas de lui un héros, encore  moins un martyr! Il  ne mérite ni tant d'honneur ni, pour d'autres, tant  de haine»,  écrivaient-ils dans une tribune publiée dans le journal  catholique.

Vendredi, le collectif de la Manif pour tous,  a appelé  «solennellement tous ses sympathisants à ne perturber en  aucune manière  le bon déroulé des débats de mardi» et donc demandé à  ses partisans de  «laisser sereinement la place aux amis proches et à la  famille de  Nicolas».