Le rejet des comptes de Sarkozy va creuser les comptes de l’UMP

Vincent Vantighem

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Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012.
Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012. — IONEL BONAVENTURE-P/SIPA

Contrairement à 2008, l’UMP ne devrait pas distribuer des tongs gratuites sur les plages cet été. Le parti n’en a tout simplement plus les moyens. Le Conseil constitutionnel a, en effet, confirmé, jeudi, le rejet des comptes de campagne de la présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.

En rendant cette décision, les Sages de la rue de Montpensier privent le parti –qui avait avancé les fonds pour son candidat– d’un remboursement de plus de 10 millions d’euros.

Copé dans les bureaux de Sarkozy

Déjà mal en point financièrement, le parti va devoir faire plus que remplacer les petits fours par des cacahuètes pour s’en sortir. «Je réunirai la semaine prochaine le Bureau Politique statutaire de l’UMP afin d’examiner toutes les conséquences de cette décision», a indiqué Jean-François Copé dans un communiqué laconique.

Selon nos informations, le secrétaire général du parti a déjà rencontré, jeudi après-midi, Nicolas Sarkozy pour évoquer cette question. Il a succédé, dans les bureaux de la rue de Miromesnil, à l’avocat Philippe Blanchetier. Visiblement stressé, c’est lui qui a dû annoncer la nouvelle à l’ancien Président. « Je dois le débriefer », a-t-il confié à 20 Minutes, promettant de rappeler avant de couper finalement son portable, comme la plupart des ténors de l’UMP, injoignables pour réagir à cette décision.

Gosguen: «Je ne sais pas comment on va s’en sortir…»

Il faut dire que la situation est problématique. Affecté par les défaites électorales, l’UMP a vu chuter les aides de l’Etat de 38 millions en 2007 à 25 millions en 2012. La baisse des adhérents, et de leurs cotisations, n’a pas permis de redresser la barre.

Pas plus que l’amende de 4 millions pour le non-respect de la parité aux législatives. «Si on ne se fait pas rembourser [les dix millions], ce sera un coup très très dur, avait confié à 20 Minutes fin juin Claude Goasguen, le maire du 16e arrondissement de Paris. En fait, je ne sais pas comment on va s’en sortir…»

Les meetings de Villepinte et Toulon pointés du doigt

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a estimé que 80% des frais du grand meeting de Villepinte le 11 mars 2002 auraient dû être portés au compte de campagne de Nicolas Sarkozy, et non 50% comme cela avait été fait. De même, auraient dû être réintégrées au compte de campagne les sommes engagées pour la réunion publique de Toulon le 1er décembre 2011. Le candidat a donc dépassé de 2,1 % (466.118 euros sur près de 23 millions) le montant autorisé pour sa campagne. Après Jacques Cheminade et Bruno Mégret, Nicolas Sarkozy est le troisième candidat à voir ses comptes de campagne pour une présidentielle retoqués.