Les prudhommes rejettent la demande d'expertise de Jérôme Kerviel

JUSTICE L'ancien trader de la Société générale voit sa demande refusée...

Vincent Vantighem

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L'ancien trader Jérôme Kerviel, soutenu par Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain, sort du conseil des prudhommes le 4 juillet 2013, à Paris.
L'ancien trader Jérôme Kerviel, soutenu par Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain, sort du conseil des prudhommes le 4 juillet 2013, à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«C’est pas facile tous les jours…» confiait-il à 20 Minutes juste avant le délibéré. Ce jeudi aussi ne sera donc pas «facile» pour Jérôme Kerviel. Le conseil des prudhommes de Paris a rejeté, ce jeudi matin, les demandes d’expertises formulées par l’ancien trader de la Société générale.

Condamné en appel en octobre 2012 à trois ans de prison ferme et surtout à rembourser 4,91 milliards d’euros à son ancien employeur pour lui avoir causé des pertes historiques, le trentenaire avait contre-attaqué en contestant son licenciement devant les prudhommes.  Sans surprise, la première audience –dite de conciliation- n’aura pas permis à la banque et à son ancien opérateur de marché de se rabibocher.

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Un comité d’accueil

 «Je vais continuer à me battre. Je vous remercie de votre soutien», a-t-il bredouillé au micro tendu par les militants d’extrême gauche, venus en nombre le soutenir ce jeudi matin. Cela s’annonce toutefois compliqué. En attendant l’examen de son pourvoi en cassation –ultime chance pour lui d’échapper à la prison- Jérôme Kerviel entend faire requalifier son licenciement pour «faute lourde» en licenciement pour «faute grave».

Ce faisant, il espère toujours obtenir une expertise indépendante qui prouvera, selon lui, qu’il n’a causé «aucune perte à la Société générale» en prenant des positions risquées lors de la crise des subprimes.

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«La Société générale est la victime, Kerviel le coupable»

En une vingtaine de minutes, son avocat David Koubbi a donc plaidé, ce jeudi matin, pour obtenir de nouvelles expertises. «La communication des accords transactionnels des supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel ainsi qu’un bilan comptable précis à la date des faits», a-t-il demandé dans l’exigu bureau de conciliation.

«Je n’ai qu’un document à vous remettre, Madame la présidente, a répondu l’avocat de la banque. Il s’agit de l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui fait 101 pages et qui démontre que la Société générale est la victime et Jérôme Kerviel le coupable. Ne nous y trompons pas! Toutes les demandes formulées par M. Kerviel ont été satisfaites durant les cinq années de procédure. Il n’y a aucune raison de demander une expertise supplémentaire.»

Assailli par les caméras et les micros à la sortir du conseil des prudhommes, Jérôme Kerviel n’a pu témoigner que de sa «déception», son avocat se bornant à dire qu’il allait «continuer à se battre pour que justice soit faite». Une audience sur le fond a été programmée au 24 mars 2014.