Laurent Fabius à la sortie d'un conseil des ministres le 6 mars 2013.
Laurent Fabius à la sortie d'un conseil des ministres le 6 mars 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

DIPLOMATIE

Affaire Snowden: La France présente ses «regrets» à la Bolivie

Après avoir refusé brièvement le survol de son espace aérien au président bolivien...

Après avoir fait profil bas toute la journée de mercredi, la France a présenté dans la soirée ses «regrets» à la Bolivie, alors que l’ambassade de France de La Paz était attaquée par des manifestants. Evo Morales, le président bolivien, ne décolère pas après que son avion, qui décollait mardi de Moscou, a dû atterrir à Vienne parce que la France et le Portugal et l’Italie ont retiré leur autorisation de survol de territoire car ils soupçonnaient Edward Snowden d’être à bord. Evo Morales a dû faire une escale forcée de 13 heures avant de pouvoir rejoindre son pays, qualifiant cette escale forcée d' «erreur historique» et d' «agression».

Tentant d'apaiser la tension née entre les deux pays, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a téléphoné à son homologue, David Choquehuanca, pour l'assurer que Paris n'avait jamais eu l'intention de refuser le survol du territoire français à l'avion du président bolivien. Laurent Fabius a «fait part des regrets de la France suite au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l'autorisation de survol du territoire par l'avion du président», a indiqué le porte-parole du ministère, Philippe Lalliot, dans un communiqué.

La France se retranche derrière des «infos contradictoires»

Lors de cet entretien, Laurent Fabius «a souligné que l'autorisation de survol avait été confirmée dès que les autorités françaises avaient été informées que l'aéronef en question était celui du président Morales. Il a également indiqué qu'il n'y avait, naturellement, jamais eu d'intention de refuser l'accès à notre espace aérien à l'avion du président Morales, qui est toujours le bienvenu dans notre pays», a poursuivi le porte-parole.

Auparavant, le président François Hollande avait assuré avoir «immédiatement» donné l'autorisation de survol de la France à l'avion d'Evo Morales... quand il a appris que ce dernier était à bord de l'appareil. «Il y avait des infos contradictoires sur les passagers qui étaient à bord», a dit François Hollande, en allusion aux fausses allégations sur la présence d'Edward Snowden, à l'origine de révélations explosives sur la surveillance électronique américaine et recherché par Washington.

En Bolivie, cet imbroglio a choqué. Un député s'apprête à demander l'expulsion du pays des ambassadeurs de France, du Portugal et d'Italie, en représailles à l'interdiction de survol. Des incidents ont eu lieu également près de l'ambassade de France en Bolivie, avec jets de pierres et incendie de drapeaux français. Les explications des autorités n'ont pas non plus satisfait une bonne partie de la classe politique française, qui a dénoncé, à gauche comme à droite, un «asservissement» de la France aux intérêts américains.