Paris: Frigide Barjot sommée de quitter son duplex de 173 m2

JUSTICE La Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) assigne, ce mercredi, l'égérie de la «Manif pour tous» dans le but de la faire expulser de son logement...

Vincent Vantighem

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Frigide Barjot, le 22 avril 2013 à Paris.
Frigide Barjot, le 22 avril 2013 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Elle se dit «sans emploi depuis [qu’elle est] devenue opportuniste.» Assure qu’elle ne «survit qu’en rognant tous les mois sur le capital hérité de [ses] parents». Et prétend qu’elle ne sait pas où elle va bien pouvoir vivre. Car Frigide Barjot, égérie de la «Manif pour tous» est visée par une procédure d’expulsion que doit examiner, ce mercredi, le tribunal d’instance du 15e arrondissement de Paris.

Un duplex à deux pas du Champ-de-Mars

Propriétaire d’un appartement de 64 m2 dans le 10e arrondissement de la capitale, l’auteure de Confessions d’une catho branchée habite pourtant depuis longtemps avec son mari et ses deux enfants dans un duplex de 173 m2, avec une terrasse, à deux pas du Champ-de-Mars. Il ne s’agit pas vraiment d’un logement HLM mais d’un logement intermédiaire à loyer libre.

Fixé à 2.850 euros par mois, le loyer est d’ailleurs bien en-dessous du prix du marché. «Nous avons été exemptés d’une hausse de loyer applicable au-dessus d’un certain seuil de revenu», assure celle qui a prévu de «réserver» ses réponses sur le fond au tribunal et ne consent à parler de l’affaire que par communiqué.

La farce de la société Jalons

«Le seuil de revenu» de Frigide Barjot et de son mari Basile de Koch -36.000 euros par an selon Le Figaro-  est, en fait, au cœur de la procédure initiée par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Car le couple a fait domicilier sa société Jalons  qui se définit comme un «groupe de farceurs» à son domicile. Via une procédure de sous-location, la société verse un loyer au couple tous les mois, ce qui lui permet selon la RIVP de «gonfler artificiellement les charges de la société et donc de payer moins d’impôts».

C’est donc cette «utilisation continue des lieux à usage commercial» qui constitue aux yeux de la RIVP un «manquement grave aux obligations consenties à M. et Mme Tellenne (les vrais noms de Frigide Barjot et Basile de Koch)», assure la RIVP contactée ce mardi par 20 Minutes.

«140.000 familles en attente d’un logement social»

Si Frigide Barjot assure que son autre appartement dans le 10e arrondissement est actuellement inhabitable, la crise du logement sera sans doute aussi au centre des débats, ce mercredi. Président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, Ian Brossat assure que la capitale compte «140.000 familles dans l’attente d’un logement social» et se demande comment «[Frigide] Barjot ose encore ouvrir la bouche et courir de rédaction en rédaction pour y jouer les éternelles victimes?»

Alors qu’il demande un véritable «état des lieux» des appartements occupés illégalement, il pourrait avoir des premiers éléments de réponse à sa question, ce mercredi, devant le tribunal d’instance du 15e arrondissement.