Formation des enseignants: «Les futurs profs seront mieux armés que nous»

EDUCATION Les ex-enseignants stagiaires jugent la nouvelle formation...

Delphine Bancaud

— 

Une école à Nantes (Loire-Atlantique).
Une école à Nantes (Loire-Atlantique). — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

L’ère des professeurs stagiaires bombardés sans expérience devant des élèves est définitivement révolue. C’est ce que rappelleront ce lundi le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso,  qui présenteront les futures ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) à l’université Lyon 1.

Celles-ci ouvriront à la rentrée 2013 et rétabliront une véritable formation professionnelle pour les enseignants. Car la réforme de la mastérisation, mise en place en 2010 par le précédent gouvernement, avait supprimé l’année de stage pour les lauréats aux concours, ce qui avait plongé les jeunes profs directement dans le grand bain. «Quand je repense à mes débuts, c’était un carnage. Je devais assumer 18 heures de cours (un plein-temps) en plus de journées de formation. J’étais débordé et je n’ai eu l’aide d’un tuteur qu’après les vacances de la Toussaint», se souvient Marc, professeur d’anglais au lycée.

Davantage de de pragmatisme

«La formation dispensée dans les ESPE me semble plus progressive, ce qui permettra aux futurs enseignants de mieux l’assimiler et de faire leur entrée dans le métier en étant beaucoup mieux armés que nous face aux élèves  et beaucoup moins stressés», poursuit-il. Un avis partagé par Floriane, professeur des écoles, qui estime aussi avoir reçu «une formation au rabais» en 2011. «Les étudiants feront des stages d’observation la première année de master, ce qui va leur donner des billes sur la manière de tenir une classe face à différents publics d’élèves. Ils effectueront aussi plusieurs stages de pratique accompagnée et n’assumeront un mi-temps devant les élèves qu’en seconde année. Ils démarreront avec plus d’expérience que nous à l’époque. Le système de véritable alternance me semble également intéressant car ils vont pouvoir débriefer ce qu’ils auront vu sur le terrain et partager leurs expériences.»

Quant au contenu des enseignements qui seront dispensés en ESPE, Floriane estime qu’ils sont «davantage connectés au terrain», mais regrette qu’il n’y ait pas de module sur la gestion des conflits avec les parents d’élèves et qu’il n’y ait pas davantage d’heures consacrées à la gestion des élèves présentant des troubles du comportement. Reste à savoir si ce nouveau  cursus aura une incidence sur les vocations. «Lorsque j’étais prof stagiaire, j’ai vu certains de mes camarades craquer et démissionner. Je pense que la nouvelle formation dans les ESPE peut déclencher de nouvelles vocations, car cela participe à la revalorisation du métier», estime Floriane. Le temps lui donnera peut être raison.