Rythmes scolaires: Les parents toujours inquiets

Delphine Bancaud

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Une école à Nantes (Loire-Atlantique).
Une école à Nantes (Loire-Atlantique). — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Karen Gautier, mère de 3 enfants à Nantes (Loire-Atlantique), ne décolère pas contre la réforme des rythmes scolaires. Ce vendredi, elle a d’ailleurs prévu de manifester devant la mairie avec les parents de 42 écoles de la ville. Un mouvement de grogne d’autant plus symbolique qu’il se passe dans la ville dont Jean-Marc Ayrault était député-maire jusqu'à sa nomination à Matignon.

A la rentrée 2013, un quart des municipalités appliqueront la réforme, et, dans nombre d’entre elles, elle est toujours mal digérée par les parents. Le siège de la FCPE avoue recevoir des appels inquiets: «le changement est un peu difficile, il y a des tas d’inconnus et 2013 sera une phase d’expérimentation», déclare ainsi le président de la FCPE, Paul Raoult.

La crainte de devoir payer

La plupart des parents craignent surtout que les activités périscolaires qui seront proposées à leurs enfants dès la rentrée ne soient pas de qualité, à l’instar de Karen Gautier. «On redoute un périscolaire à deux vitesses. Car dans certaines écoles où les parents se sont mobilisés et celles où il existe une amicale laïque (proposant des activités sportives et culturelles), les activités seront de qualité. Mais certaines écoles n’ont pas de projet et ce temps périscolaire risque fort de ressembler à de la garderie améliorée», prévoit-elle.

Dans d’autres communes, les parents s’inquiètent surtout du coût que pourrait représenter pour eux cette réforme. Car si dans la majorité des villes, le principe de la gratuité des activités périscolaires a été adopté, une minorité de communes a prévu de demander une participation aux parents. C’est le cas à Verdun, comme le précise Cathy Flosse, la directrice de cabinet du maire. «Pour ces activités, les familles devront payer de 7 à 85 € par an et par enfant selon leurs revenus». Une addition  limitée, mais qui tombe mal, beaucoup de familles ayant déjà des difficultés à boucler leurs fins de mois avec la crise. Par ailleurs, la FCPE ne cache pas sa crainte de voir la gratuité des activités périscolaires remise en cause dans certaines communes, une fois les municipales passées et lorsqu’elles ne bénéficieront plus du fonds d’amorçage de la réforme mis en œuvre par le gouvernement.