L'opposant au mariage gay incarcéré sera jugé en appel le 9 juillet

JUSTICE Il avait été condamné à deux mois de prison ferme pour «rébellion»...

Vincent Vantighem

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Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013.
Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013. — V. WARTNER/ 20 Minutes

Le procès en appel de Nicolas Buss, opposant au mariage homosexuel condamné à deux mois de prison ferme, notamment pour rébellion, et incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), se tiendra le 9 juillet, a annoncé jeudi une source judiciaire. Sa demande de remise en liberté sera examinée lors de l'audience, a-t-on précisé de même source.

Il avait été condamné le 19 juin par le tribunal correctionnel de Paris à quatre mois de prison, dont deux ferme, pour rébellion et fourniture d'une identité imaginaire.

Ses parents lancent un appel au calme

Son incarcération avait suscité de vives réactions chez les opposants au mariage homosexuel, qui avaient organisé plusieurs manifestations de soutien, appelant à sa libération. Ses parents avaient lancé dans le quotidien La Croix un appel au calme, demandant aux militants qui se rassemblent pour lui apporter leur soutien de «ne pas céder à la violence».

«Ne faites pas de lui un héros, encore moins un martyr! Il ne mérite ni tant d'honneur ni, pour d'autres, tant de haine», écrivaient-ils dans une tribune publiée dans le journal catholique.

Un meneur du groupe de manifestants?

Il avait été interpellé le 16 juin après une manifestation autorisée des adversaires du mariage homosexuel près du siège de la chaîne M6, où se trouvait le président de la République. Environ 200 personnes s'étaient alors rendues sur les Champs-Elysées et Nicolas Buss était l'un des «meneurs» du groupe, avait raconté à l'AFP une source proche de l'enquête.

Son avocat Benoît Gruau, qui n'était avisé que de l'examen de la demande de son client le 9 juillet, a salué une «excellente nouvelle», une «lueur d'espoir».

Un «traitement très dur» en détention

Joint alors qu'il venait de rendre visite à son client, l'avocat a affirmé qu'il avait subi un «traitement très dur» en détention jusqu'à mardi soir, où il a changé de département.

Comme l'annonçait récemment RTL, il est placé à l'isolement, «j'imagine» pour sa sécurité et éviter d'éventuelles brimades du fait de la médiatisation de sa condamnation, a ajouté son avocat.

Son numéro d'écrou ayant circulé sur les réseaux sociaux, Nicolas Buss a «reçu des centaines de lettres de soutien, de France et de l'étranger», mais «très peu» de courrier hostile, a ajouté son avocat.

Ce jeune adversaire du mariage homosexuel avait déjà été condamné fin mai à une amende de 200 euros avec sursis pour sa participation à une action surprise sur les Champs-Elysées, à la veille de la grande manifestation parisienne des anti-mariage gay du 26 mai. Le parquet a fait appel de la décision.