Les députés renoncent à imposer l’étiquetage de l’origine de la viande sur les produits transformés

avec AFP

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Lots de Moussaka surgelés Findus.
Lots de Moussaka surgelés Findus. — Christophe Ena/AP/SIPA

L'Assemblée nationale a renoncé à imposer l'étiquetage de l'origine nationale des viandes sur les produits alimentaires transformés, acceptant, après un long débat dans la nuit de mercredi à jeudi, d'attendre de voir si la Commission européenne allait rapidement formuler des propositions sur ce sujet.

Lors d'une discussion sur laquelle planait à la fois le scandale de la viande de cheval congelée et la colère des éleveurs, des députés UMP, PS et Front de gauche avaient déposé plusieurs amendements sur ce sujet au projet de loi sur la consommation, actuellement en première lecture à l'Assemblée. Ces amendement rendaient obligatoire l'origine nationale de la viande, qu'elle soit consommée fraîche ou dans le cadre de produits alimentaires transformés.

Ne pas perturber les négociations européennes

Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, tout en approuvant sur le fond ces dispositions, s'y est opposé en arguant qu'elles devaient obligatoirement être décidées au niveau européen. «La France est en pointe sur ce dossier, et a décroché des soutiens auprès de plusieurs pays, malgré la position frileuse de la présidence irlandaise de l'UE et de la Commission européenne. Si le signal qui est donné est de voter une disposition contraire aux textes européens, cela mettra le gouvernement français en difficulté» dans les négociations avec ses partenaires, a-t-il plaidé.

Le ministre, soutenu par le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, François Brottes (PS), a proposé de se rendre à Bruxelles avec une délégation de députés de tous les groupes pour plaider cette cause. Un rapport d'étape doit être rendu en juillet sur le sujet par la Commission européenne, et si celle-ci ne s'en saisit pas pour faire des propositions, «je ne m'opposerai pas alors à ce que la représentation nationale en prenne acte», a-t-il dit.

Les députés grondent

Si le député socialiste Germinal Peiro a accepté de retirer son amendement, tout en prévenant que «si rien n'avait changé lors de la seconde lecture», il le représenterait et ne le retirerait pas, ses collègues des autres groupes, de l'UMP au Front de gauche, en passant par l'UDI et les écologistes, n'ont pas été convaincus. «En votant un amendement à l'unanimité, nous donnerons un mandat ferme de négociation au ministre, qui pourra dire ‘je n'ai pas le choix, la représentation nationale l'exige’, comme régulièrement, Angela Merkel le dit à propos du Bundestag», a argumenté Marc Le Fur (UMP).

«Ne pas gêner le ministre, attendre la 2ème lecture... ce sont des jeux parlementaires ! Est-ce qu'on mesure bien le rejet de nos artifices politiques par nos concitoyens alors qu'il y a urgence?», a explosé le communiste André Chassaigne. Finalement, l'amendement de Germinal Peiro, qu'avait repris à son compte l'UMP, a été repoussé par 77 voix contre 34, et un amendement analogue d’André Chassaigne a lui aussi été refusé.