Que cachent les 10.000 postes annoncés par Vincent Peillon?

Delphine Bancaud

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Illustration, cour d'ecole
Illustration, cour d'ecole — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Une annonce qui mérite d’être décortiquée. Le ministre de l’Education, Vincent Peillon a déclaré ce mercredi sur Europe 1 que 10.000 recrutements supplémentaires pour la rentrée 2013, sous forme de contrats aidés, seraient attribués «spécifiquement pour le secondaire et pour faire qu'il y ait plus de sérénité, de sécurité, d'adultes dans nos établissements». Des emplois qui s’ajouteront aux 60.000 postes prévus dans la loi sur l'école qui a été définitivement adoptée mardi.

Une annonce qui tient plus de la communication politique que du scoop, «car ces 10 000 postes font partie des 30 000 emplois aidés que Matignon avait déclaré vouloir accorder à l’Education nationale à la mi-juin», souligne Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Les autres postes ayant été affectés au soutien des directeurs d’écoles et à l’accompagnement des élèves handicapés.

Montrer que le secondaire n’est pas oublié

En décidant de dévoiler, ce mercredi, que 10.000 emplois aidés seraient destinés à l’enseignement secondaire, Vincent Peillon n’a pas non plus choisi le calendrier au hasard. Car le ministre, qui rencontre ce mercredi les syndicats des professeurs des écoles pour discuter d’une éventuelle revalorisation des salaires, est taxé de privilégier le premier degré et de délaisser le second. Un renfort des moyens dans les collèges et les lycées les plus en difficultés est donc une bonne manière pour le ministre, de prouver le contraire.

Et si ces nouveaux moyens humains sont accueillis positivement par tous les syndicats, ces derniers insistent cependant sur leur caractère précaire. Ces postes seront bien des contrats aidés et dureront en effet entre dix mois et deux ans. «Ces personnes ne pourront pas se substituer aux enseignants», insiste également Christian Chevalier. Le ministère de l’Education précise en effet que les personnes recrutées effectueront des missions «d'appui éducatif» en épaulant les élèves lors d’activités informatiques, en les aidant à définir leur orientation... Ou des missions  «d'amélioration du climat scolaire» via des activités de surveillance, d'accompagnement des sorties scolaires, de médiation au sein des établissements… Un rôle utile, mais qui ne résoudra pas le principal problème du secondaire, qui souffre d’un manque d’enseignants dans certaines disciplines et dans certaines académies…