Tuerie de Chevaline: Zaid al-Hilli remis en liberté à Londres

ENQUETE Le procureur a indiqué qu'aucune charge lourde n'était retenue contre lui...

avec AFP

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La maison des victimes de la tuerie de Chevaline, le 13 septembre 2012 à Claygate, dans le sud-est de l'Angleterre
La maison des victimes de la tuerie de Chevaline, le 13 septembre 2012 à Claygate, dans le sud-est de l'Angleterre — Justin Tallis AFP

Zaid al-Hilli, interpellé lundi et placé en garde à vue à Londres dans le cadre de l'enquête sur la tuerie qui a fait quatre morts à Chevaline (Alpes françaises) en septembre 2012, a été remis en liberté mardi peu après 20h, a annoncé à l'AFP le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Zaid al-Hilli, 54 ans, a été remis en liberté avec «un contrôle judiciaire, qui l'oblige à un certain nombre d'obligations», a ajouté, sans plus de précisions, le procureur. Il a précisé que sa remise en liberté signifie qu'il n'y a «pas de charges lourdes retenues contre lui». «L'enquête se poursuit», a-t-il conclu.

Un «complot pour commettre un meurtre»

Le 5 septembre dernier, Saad al-Hilli, Britannique d'origine irakienne de 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, avaient été trouvés morts, tués de plusieurs balles dans la tête, à Chevaline, près du lac d'Annecy où ils passaient leurs vacances. Sylvain Mollier, un cycliste de la région, probable victime collatérale, gisait mort à côté de leur véhicule.

Lundi vers 7h30, Zaid al-Hilli, 54 ans, frère de Saad al-Hilli soupçonné «d'avoir participé à un complot pour commettre un meurtre», avait été interpellé dans le comté du Surrey, près de Londres, où vivait la famille al-Hilli.

Les enquêteurs britanniques avaient également procédé à des perquisitions au domicile du suspect et au golf dont il est le gérant.

Des interrogations sur son emploi du temps

«Nous avons estimé qu'il y avait suffisamment de charges pour entendre le frère de la victime sous le régime de la garde à vue», avait dit à l'AFP le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud. «Les enquêteurs souhaitaient notamment l'interroger sur son emploi du temps, ses relations avec son frère et l'héritage familial», avait ajouté le magistrat.

Saad et Zaid al-Hilli étaient en effet en conflit depuis plusieurs mois à propos de l'héritage de leur père portant sur plusieurs millions d'euros, en argent, en biens et en immeubles. Parmi les biens en litige figure notamment un compte en Suisse créditeur de 780.000 livres sterling (environ 917.000 euros).

Zaid, avait déjà été longuement entendu en septembre, puis en mars dernier par les policiers. Convoqué le 21 juin en France par les juges d'instruction, le quinquagénaire avait refusé de se déplacer, ce qui explique notamment son placement en garde à vue.

Trois enquêteurs français ont participé aux côtés des policiers britanniques à l'interrogatoire du suspect qui était assisté d'un avocat.