Mission de lutte contre les drogues: «Les femmes constituent un public prioritaire»

Vincent Vantighem

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Danièle Jourdain Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues, le 25 juin 2013.
Danièle Jourdain Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues, le 25 juin 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Elle avait commencé par visiter le centre Horizons. Huit mois après son arrivée à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies, Danièle Jourdain-Menninger a, de nouveau, visité, mardi, ce centre spécialisé dans la prise en charge des parents toxicomanes. L’occasion de «boucler la boucle» avant de remettre, cet été, son plan d’actions au gouvernement et de confier à 20 Minutes ses pistes de réflexion…

Les femmes constituent-elles un public prioritaire pour la MILDT?

Oui car il faut une prise de conscience pour les femmes. Nous avons un retard dans la prise en charge des femmes et des mères. Alors que leurs consommations de drogues sont inquiétantes. Par exemple, il y a aujourd’hui autant de femmes que d’hommes qui fument ou boivent de l’alcool. Par le passé, il y avait plus d’hommes. Nous avons d’ailleurs découvert une nouvelle tendance à l’alcoolisme chez les jeunes femmes cadres, notamment en raison du stress.

Ce problème figurera-t-il dans le plan d’actions que vous allez remettre au gouvernement cet été?

Oui, nous voulons notamment mener des expérimentations au sujet de l’alcoolisation fœtale et lutter contre les trafics. Trop de femmes se trouvent prises dans les réseaux, soit comme mules, soit comme nourrices. Il y aura  donc une référence directe aux femmes dans ce plan d’actions prévu pour durer deux ans.

A quoi servira exactement ce plan?

Ce plan va donner un cadre au gouvernement en matière de lutte contre les toxicomanies. Il se décline en deux parties. D’abord un plan quinquennal stratégique avec les grandes orientations pour l’avenir. Et ensuite un plan d’actions très concrètes qui, elles, sont proposées pour une durée de deux ans. Il y aura notamment de nombreuses pistes de réflexions et d’actions en direction des jeunes. Pour rédiger ce plan, j’ai réalité une quinzaine de déplacements.