Viande de singe et d'antilope au menu des douaniers d'Orly

Oihana Gabriel

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Les douanes d'Orly ont découvert 13 kg de viande de pangolin (photo), singe et antilope.
Les douanes d'Orly ont découvert 13 kg de viande de pangolin (photo), singe et antilope. — DR

Découverte peu ragoutante dans le frigo des douanes de l’aéroport d’Orly. Ce week-end, des bouts de pangolin, d’antilope, d’agouti (petite rongeur africain) et un singe décapité, en état de décomposition ont été saisis en provenance de plusieurs vols depuis l’Afrique subsaharienne via Casablanca. En tout, 13,8 kg de viande avariée, entreposée dans un frigo à ras bord. «Pour repérer ce genre de denrées périssables, les collègues regardent le contrôle au rayon X, ouvrent les bagages, mais c’est bien souvent à cause de l’odeur pestilentielle qui éveille leurs soupçons», précise Philippe Allonneau, inspecteur du service de douanes d’Orly.

31 tonnes de produits alimentaires saisis en 2012

Les saisies restent très problématiques avec 31 tonnes de denrées périssables en 2012, dont 15 tonnes de viande, essentiellement à Orly et Roissy. Au point qu’une société extérieure passe chaque jour pour incinérer les marchandises saisies. «Au début de ma carrière, j’ai découvert au rayon X un singe entier, c’était impressionnant parce que ça ressemblait à une échographie d’un bébé en position fœtale», se souvient Marc Andreu, douanier à Orly. Certains rusent: deux tortues avaient été scotchées pour qu’on ne reconnaisse pas leur forme et leurs pattes… ça devenait une grosse boite.»

La viande et les produits laitiers interdits

Et cette impressionnante saisie est courante: rien que sur Orly, 100 kg de produits non conformes aux normes sanitaires sont saisies chaque mois. «Nous avons ce genre de saisie presque chaque semaine», confie Philippe Allonneau. Mais la viande de brousse n’est pas seule à en cause. Au-delà du trafic, quantité de marchandises saisies proviennent d’une méconnaissance du grand public des lois européennes. Tous les produits laitiers, fromages et autres foie gras sont en effet également interdits.

Une campagne avant les départs

A la veille des vacances, les douanes et le ministère de l’Agriculture ont décidé d’alerter les passagers sur les produits de consommation interdits dans l’avion : affiches dans les aéroports, application des douanes sur mobile et sites Web… Ainsi les voyageurs peuvent ramener jusqu’à 20 kg de poisson (sauf s’il est pourri), jusqu’à 2 kg de miel et de lait en poudre, mais n’ont pas le droit de cacher dans leurs bagages viande et produits laitiers originaires des pays non européens. Si le passager qui ramène du foie gras d’Israël ou de l’ananas des Etats-Unis ne risque pas de poursuite, il perd son bien et risque une amende, de 75 à 500 euros en fonction du poids.

Eviter la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine

Cette campagne de communication vise les risques de contamination sanitaire, comme la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine présente en Ukraine et Biélorussie. Mais les végétaux aussi peuvent pâtir d’une introduction de semences, elles aussi interdites dans les avions, et d’insectes. «On sait que la chrysomèle, qui s’attaque au maïs, est arrivé par une chenille à Roissy», insiste Loïc Evain, en charge des affaires sanitaires européennes et internationales au ministère de l’agriculture.