Sans-papier interpellé dans un centre de soin dentaire: «On m'a tendu un piège»

Jérôme Comin (avec Mathieu Gruel)

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Google Maps d'Alfortville (Val-de-Marne), où s'est déroulée l'interpellation d'un sans papiers dans un centre de soins
Google Maps d'Alfortville (Val-de-Marne), où s'est déroulée l'interpellation d'un sans papiers dans un centre de soins — GOOGLE / Capture d'écran

«Je viens de lui apprendre et je pense qu’il va lui falloir du temps pour comprendre la situation.» Du côté de la Cimade, on est inquiet pour Ziad (*) alors que le consulat algérien vient de lui accorder un laissez-passer. Car, comme l’explique ce permanent de l’association, qui est en relation quotidienne avec ce sans-papier arrêté par la police le 4 juin, comme l'a révélé 20 Minutes le 19 juin, et placé dans le centre de rétention Mesnil-Amelot alors qu’il était venu pour un soin dentaire dans un centre dentaire d'Alfortville (Val-de-Marne), cela signifie que son expulsion est imminente.

Un vol prévu jeudi

«Il y a un vol qui est prévu jeudi et si rien est fait entre temps, il va être expulsé vers l’Algérie», se désole le permanent de la Cimade, qui lui a rendu visite au centre de rétention Mesnil-Amelot. «Cette situation est injustifiée à 100% car on ne m’a même pas laissé l’occasion de me défendre, je suis très déçu», lâche dépité Ziad (*), joint  par 20 Minutes.

Cet Algérien installé en France depuis treize ans et qui vit de petits boulots réguliers au black ne comprend toujours pas comment il a pu être interpellé de la sorte par la police alors qu’il venait à son troisième rendez-vous dans ce centre dentaire.

«Je pouvais payer»

De son côté, le centre Victor-Hugo avait expliqué à 20 Minutes le 19 juin qu’il avait eu des difficultés à «obtenir les remboursements de soins du monsieur, qui était déjà venu plusieurs fois» et avait donc décidé de contacter la CPAM du Val-de-Marne.

«Ils nous ont dit qu'ils ne trouvaient rien au nom du monsieur et nous ont indiqué que la carte devait être fausse. Ils nous ont alors conseillé d'appeler la police». « Moi, je ne comprends toujours pas pourquoi personne ne m’a demandé si j’avais des sous pour payer avant d’appeler la police, alors que je pouvais le faire, enrage Ziad (*). Je suis sûr qu’on a voulu me piéger…»

Depuis, les associations et certains partis politiques tels que LO, NPA et le PCF se sont mobilisés pour empêcher cette expulsion et la Cimade affirme qu’une demande de régularisation est en cours.

* Le prénom a été changé