L’enseignement supérieur français marque des points, selon l'OCDE

Delphine Bancaud

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Un des amphithéâtres de l'université parisienne de la Sorbonne
Un des amphithéâtres de l'université parisienne de la Sorbonne — STEVENS FREDERIC/SIPA

Bonne nouvelle dans un univers économique morose: la France a fait de gros progrès en matière d’enseignement supérieur ces dernières années, comme le révèle le rapport «Regards sur l’éducation 2013», dévoilé ce mardi par l’OCDE. La preuve par les chiffres: le pourcentage des diplômés de l’enseignement supérieur a fortement augmenté en trente ans. «En 2011, 43% de la population française âgée de 25 à 34 ans était diplômée de l’enseignement supérieur, contre 19% chez les 55-64 ans», souligne Eric Charbonnier, expert de la direction éducation de l’OCDE.

Et bien que le sous-financement de l’enseignement supérieur Français soit régulièrement évoqué, le rapport révèle que l’investissement dans ce domaine est supérieur dans l’Hexagone par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE. Le pays n’a pas hésité à mettre le paquet ces dernières années sur l’enseignement supérieur, conscient de l’importance de miser sur ce secteur pour développer son économie. Ainsi, entre 2005 et 2010, les dépenses par étudiant ont progressé en France de 15%, contre 8% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Et inversement à d’autres pays, les frais d’inscription sont restés modérés pour les étudiants.

Un pays attractif pour les étudiants étrangers

Contrairement aux idées reçues, la France est plutôt attractive pour les étudiants étrangers, puisqu’elle se situe au 3e rang des pays accueillant le plus d’étudiants étrangers (6%de l’effectif mondial d’étudiants étrangers après les Etats-Unis (17%), le Royaume-Uni (13%) et à égalité avec l’Allemagne (6%) et l’Australie (6%)). «D’où l’intérêt pour elle de dispenser certains cours en anglais car c’est parfois un élément déterminant le choix du pays d’accueil par les étudiants», souligne Eric Charbonnier, coupant ainsi court à la polémique concernant l’extension des cours en anglais, une des mesures contenues dans le projet de loi sur l’enseignement supérieur de Geneviève Fioraso.

Autre motif de satisfaction: le taux de réussite dans l’enseignement supérieur qui est globalement bon: 80% des jeunes qui démarrent une formation dans l’enseignement supérieur en sortent avec un diplôme. Des résultats à nuancer quand on regarde spécifiquement l’université où seulement 68% des jeunes qui démarrent une formation universitaire obtiennent un diplôme et 14% sont en échec et se réorientent ailleurs. «Il faut notamment mener un vrai travail sur l’échec en début de cursus», suggère Eric Charbonnier. C’est justement l’un des axes pionniers du projet de loi sur l'enseignement supérieur adopté au Sénat en fin la semaine dernière et déjà voté à l'Assemblée…