L'éducation, le remède miracle contre la crise, le tabac et l'obésité?

SOCIETE Une étude de l'OCDE estime que les diplômes éloignent de la cigarette, de l'alcool et du chômage...

avec AFP

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Résultats du baccalauréat à Paris en 2011.
Résultats du baccalauréat à Paris en 2011. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les bacheliers de l’année auront des raisons supplémentaires de célébrer leur diplôme: selon  le 21e rapport «Regards sur l'éducation» de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dévoilé mard, les titulaires de diplômes de l'enseignement supérieur sont moins touchés par le chômage en période de crise, fument moins et sont moins susceptibles de devenir obèses.

«L'écart en termes d'emploi entre les jeunes qui ont un bon niveau d'instruction et ceux qui ont abandonné tôt leurs études n'a cessé de se creuser pendant la crise», souligne ce rapport, qui passe au crible une trentaine d'indicateurs (salaires des professeurs, taille des classes...) dans les pays membres de l'organisation ainsi qu'en Afrique du sud, Arabie saoudite, Argentine, Brésil, Chine, Inde, Indonésie et Russie. A noter que la plupart des données s'arrêtent en 2011 et ne prennent donc pas en compte les restrictions budgétaires ultérieures dans le cadre de la crise de la dette.

Des mesures en faveur des jeunes

«Aujourd'hui, il est plus important que jamais de quitter l'école avec un bon niveau de qualification», déclare le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, cité dans un communiqué. Il enjoint aux pouvoirs publics «d'axer leurs efforts sur les mesures en faveur des jeunes», notamment «moins qualifiés, les plus exposés au risque de bas salaire». Le taux de chômage de ceux qui n'ont pas terminé le lycée est presque trois fois plus élevé (13%) que celui des diplômés de l'enseignement supérieur (5%). Le diplôme permet aussi de percevoir un meilleur salaire, les titulaires d'un diplôme du supérieur gagnant 1,5 fois plus que les diplômés du secondaire.

S'inquiétant en pleine crise de la proportion de jeunes qui ne suivent pas de cours, sans travailler, l'OCDE, qui regroupe 34 pays développés, avait demandé fin mai à ses pays membres de «prendre des mesures pour réduire le taux d'abandon scolaire, éviter les redoublements et donner une seconde chance aux jeunes», ainsi que d'améliorer les programmes de formation professionnelle. La crise a «mis un terme à la hausse tendancielle des investissements dans l'éducation»: entre 2009 et 2010, les dépenses publiques pour les établissements d'enseignement, exprimées en pourcentage du PIB, ont baissé de 1% en moyenne.

Des vies plus saines

Le rapport souligne aussi une mobilité internationale croissante des étudiants: ils étaient 4,3 millions à étudier hors de leur pays en 2011, contre 0,8 million en 1975. Cinq pays attirent la moitié d'entre eux: les Etats-Unis (17%), le Royaume-Uni (13%), l'Australie, l'Allemagne et la France (6% chacun). Pour séduire ces étudiants étrangers, de nombreuses universités de pays non anglophones ont mis en place des formations en anglais.

Pour la première fois, le rapport s'est penché sur la corrélation entre le degré d'instruction, le tabagisme et l'obésité. En moyenne, parmi 24 pays pour lesquels ces données sont disponibles, les diplômés de l'enseignement supérieur ont une probabilité moitié moindre de devenir obèse, par rapport à ceux qui se sont arrêtés au secondaire. De même, dans 23 pays de l'organisation où 30% des adultes fument quotidiennement, ce taux grimpe à 37% chez ceux qui ont arrêté leurs études au secondaire, mais descend à 21% chez les diplômés du supérieur. L'éducation peut conduire les gens à choisir des modes de vie plus sains et à éviter des comportements qui nuisent à la santé. Disposer d'un salaire plus élevé peut aussi permettre de s'offrir des soins de meilleure qualité.