Paris: Bientôt une taxe sur les résidences secondaires?

Jérôme Comin

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Immobilier à Paris.
Immobilier à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les résidences secondaires en passe de devenir un sujet prioritaire à Paris. Dans le cadre des mesures qu’elle doit annoncer mercredi pour encadrer les loyers et faciliter l’accès à la location, Cécile Duflot (EELV) a une obsession: «Remettre sur le marché ces logements vacants. J’ai un objectif qui est d’arriver à en récupérer au moins la moitié à terme», martelait-elle en mai.

87.364 logements non-occupés

Une volonté qui fait particulièrement sens à Paris où, selon de récents chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) repris par Data Publica la semaine dernière, 14,27% des logements de la capitale étaient des résidences secondaires, des logements occasionnels ou vacants en 2009. «Il faut bien se rendre compte que cela représente 87.364 logements non-occupés, s’agace Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris. Il y a même quatre arrondissements qui sont à plus de 20% de résidences secondaires. Paris n’a pas vocation à accueillir tous les riches spéculateurs de la planète, il faut les inciter à vendre ou louer leurs biens aux Parisiens.» 

Quatre arrondissements dans le viseur 

Et pour ce faire, le jeune élu a prévu de proposer au prochain Conseil de Paris du 8 et 9 juillet un vœu qui va dans ce sens: doubler les taxes d’habitations pour les propriétaires de résidences secondaires. Une mesure qui toucherait particulièrement les arrondissements les plus riches tels que le 1er, avec 26,82% de logements partiellement ou complètement inoccupés, le 4e (28,28%), le 6e (28,11) et le 8e (29,09%).

>> Retrouvez la répartition des résidences secondaires en fonction des lignes de métro par ici

«Ces chiffres sont effectivement considérables, concède-t-on dans l’entourage d’Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris et candidate PS aux municipales de 2014. Ce sont des enjeux sur lesquels on réfléchit pour voir s’il y a des actions faisables d’un point de vue juridique et nous ferons des propositions cet automne.» «Cette mesure est tout à fait réalisable car on connaît les propriétaires de résidences secondaires via les impôts, conclut Ian Brossat. Et puis, qui dit logements vides, dit quartiers inhabités, et ça, c’est aussi mauvais pour les commerces.»