Bernard Tapie placé en garde à vue

ENQUÊTE l se trouvait ce lundi matin aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu de Paris...

A.Ch. et E.O. avec AFP

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Bernard Tapie, le 26 mai 2013 au stade Velodrome de Marseille.
Bernard Tapie, le 26 mai 2013 au stade Velodrome de Marseille. — KARINE VILLALONGA/SIPA

Bernard Tapie a été placé en garde à vue ce lundi matin dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage qui lui avait octroyé en 2008 plus de 400 millions d'euros dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

L'homme d'affaires se trouvait lundi matin aux urgences médicaux-judiciaires de l'Hôtel-Dieu de Paris. On ignorait dans l'immédiat les raisons pour lesquelles Bernard Tapie a été admis dans cette structure, où avaient également été entendus l'actuel PDG d'Orange, Stéphane Richard, et Pierre Estoup, l'un des trois membres du tribunal arbitral. D'après les informations du point.fr, Bernard Tapie serait resté deux heures à l'Hôtel-Dieu où son état de santé aurait été jugé compatible avec une garde à vue. Selon Europe1.fr, Bernard Tapie se serait présenté à l'audition avec un certificat médicale attestant d'une «pathologie pulmonaire chronique».

Selon la source proche de l'enquête, Jean Bruneau, ancien président de l'association des petits porteurs de BTF (Bernard Tapie Finances, ancienne société cotée en Bourse), a également été placé en garde à vue. Jean Bruneau a été physiquement vu à la brigade financière.

«J’en ai rien à foutre»

Bernard Tapie était serein avant son audition, devant la brigade financière de Paris. «J’en ai rien à foutre», a déclaré l’homme d’affaire selon des propos rapportés par Europe 1.

«Qu’est-ce que vous croyez? Des rendez-vous comme celui là, j’en ai eu sept avec Eva Joly. Résultat: six non lieu et une relaxe. Même système, même procédure, j’en ai rien à foutre...», a lancé celui qui pourrait être mis en garde à vue, dans le cadre de l’affaire sur l’arbitrage qui lui a rapporté 403 millions d’euros en 2008.

«Vous allez voir ce que je vais leur mettre»

«Sur le fond, je ne suis pas inquiet. Je me demande bien ce qu’ils peuvent trouver», a-t-il continué, estimant que «s’il y avait quelque chose à trouver, François Pérol [secrétaire adjoint de l’Elysée de Nicolas Sarkozy] aurait parlé la semaine dernière».

«Moi je suis copain avec Taubira. Je ne l’ai pas appelée une fois depuis le début de l’affaire», a lâché le Bernard Tapie. Mais les juges «vont aller me chercher sur Estoup», pense-t-il, en référence au juge arbitre mis en examen dans l’affaire, soupçonné d’avoir favorisé l’homme d’affaires qu’il connaitrait depuis des années. «De toute façon j’espère qu’il va y avoir un recours. Vous allez voir ce que je vais leur mettre», a conclu l’ex-ministre.

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