Jet, villa à Saint-Tropez, yacht de rêve: Comment Bernard Tapie a dépensé ses millions

Vincent Vantighem
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Bernard Tapie.
Bernard Tapie. — MEIGNEUX / SIPA

«Il m’est resté en tout et pour tout nettement moins que 100 millions d’euros.» Ces déclarations de Bernard Tapie datent d’il y a un mois. Depuis, la justice a accéléré ses investigations dans l’enquête pour «escroquerie en bande organisée» ouverte au sujet de la décision du tribunal arbitral favorable à l’homme d’affaires. Le 7 juillet 2008, ce tribunal arbitral avait en effet accordé 403 millions d’euros à Bernard Tapie pour solder le litige qui l’opposait au Crédit Lyonnais dans le cadre de la revente d’Adidas (243 millions d'euros de dommages, 115 millions d'euros d'intérêts, et 45 millions d'euros de préjudice moral). Alors que cette procédure est de plus en plus critiquée, 20 Minutes détaille la liste des emplettes que Bernard Tapie a effectuées depuis cette date.

Un yacht à 40 millions

Après avoir dû se séparer du mythique Phocéa, Bernard Tapie n’a pas mis longtemps à racheter un bateau. Tout un symbole, il a donné à son nouveau yacht le nom de Reborn (Renaissance en anglais). D’une longueur de 76 mètres pour une largeur de 15,5 mètres, le Reborn dispose d’une piscine intérieure, d’un spa, d’un ascenseur et même d’un jardin tropical. Acheté 40 millions d’euros, il est aujourd’hui disponible à la location moyennant la somme de 500 à 550.000 euros la semaine. Immatriculé dans l’île de Man (Grande-Bretagne), il est classé à la 76e place des yachts les plus longs du monde. Et c’est un problème: il est en effet trop imposant pour être amarré dans le vieux port de Marseille.

Un jet à 23 millions

Sa plaque d’immatriculation affiche 9H-GBT, comme «Groupe Bernard Tapie). En janvier 2011, Bernard Tapie a acquis, via la société belge Abbeycroft dont il détient 20%, un jet Bombardier Global Express BD-700. Acheté aux Etats-Unis, l’appareil lui a coûté 23 millions d’euros et peut embarquer 19 personnes à son bord. Interrogé sur le fait que ce jet était domicilié sur l’île de Malte, l’homme d’affaires avait assuré au Point, en septembre 2011, qu’il allait «bientôt le faire immatriculer en France».

>> Retrouvez les protagonistes de l’affaire Tapie.

Des journaux pour 50 millions

Il s’était porté candidat avant de se retirer et de finalement revenir dans la course. En décembre 2012, Bernard Tapie a racheté les journaux régionaux du groupe Hersant Media pour environ 50 millions d’euros. Un pack global comprenant Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin, La Provence et France-Antilles. Un retour aux affaires qui n’a pas manqué de faire grincer des dents dans la cité phocéenne. D’abord parce que l’ancien président de l’OM a commencé par dire que La Marseillaise, le concurrent de La Provence qu’il venait pourtant de reprendre, était «le mieux fait de toute la région». Mais surtout parce que certains ont vu dans cette reprise le premier pas vers un retour en politique. Mais non: Tapie a assuré qu’il ne briguerait pas la maire de Marseille en 2014. Et que s’il venait tout de même à le faire, il «céderait alors la totalité de ses actions» détenues dans ce groupe de presse.

Une villa à Saint-Tropez à 47 millions

Elle s’appelle La Mandala et s’étend sur 500 m² habitables dans un parc de deux hectares qui mène à la plage des Graniers. En septembre 2012, Mediapart a révélé que Bernard Tapie venait d’acquérir une villa sur les hauteurs de Saint-Tropez (Var). Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de l’ancienne demeure de Catherine Schneider, héritière de l’empire sidérurgique et cinquième épouse du réalisateur Roger Vadim. Interrogé par RTL, l’homme d’affaires avait critiqué cette nouvelle intrusion dans sa vie privée: «Mais vous me cassez les couilles! Vous commencez vraiment à me faire chier. Vous n'avez rien d'autre à faire de vraiment important dans la vie?»

Un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine

Déjà propriétaire d’un hôtel particulier rue des Saints-Pères (Paris), Bernard Tapie aurait également acquis l’ancienne demeure de Lindsay Owen-Jones située à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) dans le bois de Boulogne. En fait d’après Mediapart (accès payant), c'est son épouse qui aurait signé le chèque avec la part qu’elle a touchée sur les 45 millions d’euros correspondant au préjudice moral que les Tapie ont subi dans l’affaire de l’arbitrage du Crédit Lyonnais. Piscine intérieure, 23 pièces, ascenseurs et 2.000 m² de terrain: le prix de cet hôtel n’est pas connu.