Conférence sociale: Ce qu’il faut retenir du discours de François Hollande

V.C. (avec AFP)

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François Hollande, lors de la deuxième Conférence sociale.
François Hollande, lors de la deuxième Conférence sociale. — BERTRAND GUAY / AFP

La deuxième conférence sociale du quinquennat s'est ouverte jeudi matin par une rencontre entre François Hollande et les numéros un patronaux et syndicaux avec comme priorité l'emploi et comme dossier chaud les retraites. Lors de son discours, le président a reconnu, jeudi, que le contexte économique était difficile pour la France, mais a indiqué qu'il y avait «des signes encourageants.

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Deux urgences

François Hollande a promis que «le sérieux budgétaire ne sera pas en France l'austérité», en fixant deux urgences: le retour de la croissance et le désendettement.

«Le chômage, qui progresse depuis cinq ans, va continuer hélas à progresser jusqu'à la fin d'année», a convenu le président. Ajoutant cependant: «Je veux ici réaffirmer ma volonté et aussi vous dire ma conviction» sur la possibilité d'«inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année.»

Retraites: vers un allongement de la durée de cotisations

François Hollande a affirmé que l'allongement de la durée de cotisation était «la mesure la plus juste à condition qu'elle soit appliquée à tous et à tous les régimes», ajoutant qu'il fallait aussi «tenir compte de la pénibilité des tâches» et que l’«allongement de la période des études» appellerait «nécessairement un effort contributif calculé d'une manière différente d'aujourd'hui». Il a de nouveau écarté l'option d«'augmenter l'âge légal de départ à la retraite», qui revient «à pénaliser ceux qui ont commencé tôt à travailler».

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S'agissant des retraites des salariés du privé et des fonctionnaires, Hollande a fait valoir que le «taux de remplacement [différence entre le salaire et la pension] servi aux fonctionnaires est équivalent à celui d'un salarié du secteur privé». Ainsi, «il ne s'agit pas de faire silence sur le sujet, mais de regarder objectivement la réalité et de voir les conclusions qu'il convient d'en tirer».

Objectif: 33.000 emplois d’avenir signés à la fin juin

François Hollande a lancé «un appel» aux collectivités, entreprises et partenaires sociaux pour que les deux dispositifs lancés pour les jeunes -emplois d'avenir et les contrats de génération- décollent. Selon lui, 33.000 emplois d'avenir seront signés fin juin, sur un objectif de 100.000 à la fin de l'année.

Un plan d’action pour former les demandeurs d’emplois

Relevant qu'il y a «200.000 à 300.000 recrutements» pour lesquels il n'y a pas de candidat, par exemple dans l'aéronautique, le chef de l'Etat a proposé «une action conjointe -Etat, Pôle emploi, régions, partenaires sociaux, organismes de formation et entreprises-», pour former les demandeurs d'emploi «rapidement». Il n'a pas exclu des incitations financières et des facilités de logement pour régler les problèmes de mobilité et les problèmes d'écarts de salaires.

Un contrat d’apprentissage avec engagement d’embauche?

François  Hollande a appelé le gouvernement à décider d'«une nouvelle articulation entre la prime pour l'emploi et le RSA-activité, pour favoriser autant que possible l'incitation à l'emploi». Il a souhaité que la prochaine soit l'occasion de «simplifier les mécanismes, de mettre en œuvre les droits rechargeables prévus par la loi de sécurisation de l'emploi, de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'inquiétudes nouvelles pour les demandeurs d'emploi».

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Le président a lancé «l'idée» d'«un contrat d'apprentissage avec engagement d'embauche», pour les entreprises «qui souhaitent être davantage associées aux contenus des formations qui sont délivrées».

Il a fixé comme objectif «au moins d'arriver à 500.0000» apprentis «dans les trois prochaines années», contre 435.000 aujourd'hui.