Inondations: Des décès, malgré les alertes

Vincent Vantighem

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Photo d'illustration inondations en France.
Photo d'illustration inondations en France. — ROBERT FRANCOIS / AFP

«C’est malheureusement le résultat d’une incivilité…» Le Préfet des Landes, Claude Morel, n’a pas pris de précaution particulière pour annoncer, ce jeudi matin, la mort d’une troisième personne dans les inondations qui ont touché le sud-ouest de la France. Retrouvée noyée dans sa voiture, dans un champ de maïs bordant la route qui mène au village de Cauneille (Landes), cette femme de 54 ans avait décidé d’emprunter une route pourtant coupée à la circulation par les pompiers.

Une septuagénaire retourne chez elle après avoir été évacuée et décède

De fait, depuis le début de l’alerte météo lancée lundi, les pompiers ont effectué la majorité de leurs interventions dans des secteurs où personne n’aurait dû se trouver. Une septuagénaire a ainsi également trouvé la mort dans la nuit de mardi à mercredi. Alors qu’elle venait d’être évacuée de son domicile de Pierrefitte-Nestalas, elle a tenté de retourner chez elle pour récupérer ses effets personnels et sa voiture a été soulevée par une vague d’eau.

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«Ca n’arrive qu’aux autres…»

Contacté par 20 Minutes, le psychologue Gérard Lopez n’est pas surpris. «Tout le monde se croit immortel et invincible, confie celui qui a fondé l’institut de victimologie à Paris. Les gens ont conscience du danger, ont conscience qu’il peut y avoir des risques. Mais ils se disent toujours ‘Ca n’arrive qu’aux autres’…»

Les pompiers connaissent bien ce phénomène. Malgré quarante années passées à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), l’un d’entre eux se souvient encore avec émotion et précision de l’une de ses premières interventions. «Il s’agissait de l’incendie du drugstore Publicis sur les Champs-Elysées en 1972. C’était très violent. Toute l’avenue aurait pu s’embraser. Au final, il n’y a qu’une victime à déplorer: c’était une caissière que nous venions d’évacuer. Elle a voulu retourner à l’intérieur pour chercher son sac à main…»

Cette volonté de «sauver les meubles»

Comme pour cette caissière ou pour la septuagénaire de Pierrefitte-Nestalas, cette volonté de «sauver les meubles» touche la majorité des personnes. «C’est un réflexe humain, poursuit Gérard Lopez. On ne peut pas se détacher du matériel qu’on a mis tant d’années à acquérir.»

Le psychologue précise ainsi que des braqueurs s’emparant d’un gros magot n’auront pas de mal «à le flamber en quelques jours car il n’a pas la même valeur» qu’une maison qu’on a mis trente ans à acquérir. «Imaginez les gens qui viennent de finir de rembourser leur crédit et qui voient leur maison envahie par les eaux. Ce n’est pas supportable…»

Une fois la décrue amorcée, les victimes interrogées répondent, en effet bien souvent, invariablement la même chose : «On a tout perdu»…