Comment sont vraiment notées les épreuves du bac?

ÉDUCATION es profs qui évaluent les candidats sont très encadrés avant, pendant et après la correction...

Enora Ollivier

— 

Un élève lors de l'épreuve du baccalauréat de philosophie, en juin 2012, à Nancy.
Un élève lors de l'épreuve du baccalauréat de philosophie, en juin 2012, à Nancy. — POL EMILE/SIPA

Des profs invités à noter les élèves sur 24 points au lieu de 20... et revoilà la suspicion jetée sur les corrections du bac. Selon Le Figaro de ce mercredi, les enseignants faisant passer les oraux de français dans l'académie d'Orléans-Tours ont été appelés à gonfler les notes des candidats, afin de «faire remonter» les résultats de l'académie, jugés décevant en 2012.

«C’était une idée stupide d’une inspection académique régionale», tranche Valérie Sipahimalani, enseignante et responsable nationale au Snes, le principal syndicat du second degré, qui trouve la démarche «irrespectueuse» pour les professeurs. Pour autant, juge-t-elle, inutile de jeter l’opprobre sur les correcteurs: «Il ne faut pas croire que les profs sont isolés: la correction est individuelle, mais le jugement est collectif».

«Des critères très concrets à respecter»

Le mythe des notes données au doigt mouillé et des copies non lues serait ainsi à jeter à la poubelle. Les enseignants sont, de fait, largement encadrés. Une commission se réunit avant le début de la correction. Les profs y discutent des attentes, des correctifs, des barèmes, en traitant collectivement des copies au hasard. Une permanence téléphonique, gérée par d’autres enseignants correcteurs, est ensuite à la disposition des personnels dans chaque matière pour les aider en cas de doutes.

«Il y a toujours des petits écarts de notes entre différents correcteurs», concède Valérie Sipahimalani, «mais ça se corrige». Car avant de valider une note, un jury se réunit. Composé de plusieurs professeurs qui ont évalué les mêmes épreuves, il compare et modifie certaines notations si elles divergent trop.

A l’oral, les professeurs disposent aussi d’une grille d’évaluation. «On a des critères très concrets à respecter», raconte Jeanne, prof d’économie-droit en filière technologique qui a fait passer des épreuves il y a quelques jours à des élèves de première. Et il n’est «pas question de "saquer" les élèves ni de les favoriser», dit-elle, «on essaie simplement de tirer le maximum d’eux».

«La meilleure évaluation des candidats»

Dominique, prof de français, reconnait toutefois que «les grilles d’évaluation sont parfois pesantes». «Ca fait dix ans que je fais passer des oraux», confie-t-elle, «alors maintenant, je sais quelle note sur 20 donner à un candidat au moment de sa prestation». «Je remplis ensuite les fiches en fonction de cette note, pas selon les critères imposés».

La responsable du Snes juge que les épreuves finales restent «la meilleure évaluation des candidats» et s’oppose à l’idée d’une validation du bac grâce au contrôle continu. Cela reviendrait à  «creuser les différences» en créant «un bac mention Henri-IV et un bac mention Sarcelles», estime-t-elle. Quant aux erreurs d’évaluation engendrées par le système actuel, «s’il y en avait tant, ça se saurait», considère-t-elle, constatant qu’il y a «très peu de recours chaque année».