François Hollande: Le président iranien Hassan Rohani «bienvenu» à la conférence de paix sur la Syrie

DIPLOMATIE La France s'était montrée jusqu'à présent très réticente à la participation de l'Iran à la conférence de paix sur la Syrie, «Genève-2» et censée se tenir en juillet...

20 Minutes avec AFP
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François Hollande à Tokyo, au Japon, le 7 juin 2013.
François Hollande à Tokyo, au Japon, le 7 juin 2013. — Junko Kimura/AP/SIPA

Le président français  François Hollande a affirmé mardi que  son  homologue iranien élu Hassan  Rohani serait «le bienvenu» autour de  la  table d'une nouvelle conférence  de paix sur la Syrie «s'il peut  être  utile», lors d'une conférence de  presse à l'issue du G8.

«Attendons les déclarations du nouveau président» iranien, a  déclaré   François Hollande mais «je vous donne ma position: s'il peut  être   utile oui, il sera le bienvenu» lors de cette conférence baptisée    Genève-2. La France s'était montrée jusqu'à présent très réticente à la    participation de l'Iran à la conférence.

Accord a minima

Après deux jours de dures tractations, le  sommet du G8 a accouché mardi d'un accord a minima sur la Syrie,  qui  appelle à l'organisation «dès que possible» d'une conférence de  paix,  mais laisse en suspens toutes les questions clés pour le règlement  du  conflit. Avec ses formulations floues ou ambigües, la déclaration  finale du G8 sur la Syrie  reflète les profondes divergences entre  Moscou, soutien indéfectible du  régime de Damas, et les Occidentaux,  qui appuient l'opposition syrienne.

Pendant les deux jours du sommet de Lough Erne en Irlande du  Nord, les Occidentaux d'un côté et le président russe Vladimir Poutine   de l'autre se sont écharpés sur la Syrie, multipliant critiques et  piques réciproques. «Parvenir à un accord n'a pas été facile», a reconnu  le  Premier ministre britannique David Cameron, hôte du sommet,  évoquant des  discussions «franches» entre les dirigeants. A peine le  sommet terminé, Vladimir Poutine a d'ailleurs de  nouveau évoqué la  possibilité pour son pays de livrer de nouvelles armes  au régime  syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu  au G8. «Nous restons engagés à trouver une solution politique à la   crise», indique le G8 dans sa déclaration, affirmant sa détermination à   l'organisation «dès que possible» de la conférence dite de Genève 2,  dans les limbes depuis son annonce début mai par Moscou et Washington.

Cette conférence, censée rassembler autour de la même table des  représentants des belligérants syriens,  devra permettre la mise en  place d'«un gouvernement transitoire formé  par consentement mutuel et  ayant les pleins pouvoirs exécutifs»,  souligne le texte. Cette formule  avait déjà été actée il y a un an au cours d'une première réunion à  Genève, mais n'a jamais été mise en oeuvre car elle ne précise pas le  sort du président syrien Bachar al-Assad, dont le départ est réclamé par  l'opposition.

Si la déclaration du G8 laisse la porte ouverte à un avenir  pour les  forces de sécurité, notamment militaires, du régime, qui  «doivent être  préservées ou rétablies», il est «impensable qu'Assad joue  un  quelconque rôle dans l'avenir de son pays», a martelé M. Cameron. Or,  les Russes ont répété à Lough Erne que «seuls les Syriens» pouvaient  décider de l'avenir de leur pays. Et dans un entretien mardi avec le  Frankfurter Allgemeine  Zeitung (FAZ), Bachar al-Assad a affirmé que  quitter le pouvoir dans le  contexte actuel serait une «trahison  nationale».

 

Menace terroriste et armes chimiques

 

Le G8 a par ailleurs pris acte du poids grandissant des  jihadistes  dans la rébellion, s'inquiétant de «la menace grandissante du   terrorisme et de l'extrémisme en Syrie  et de la nature de plus en plus  intercommunautaire du conflit». Une  formule sur laquelle pourra  s'appuyer Damas, qui n'a de cesse de répéter  qu'il lutte contre des  «terroristes». Enfin, les dirigeants du G8 ont condamné «tout usage  d'armes chimiques en Syrie» et demandé l'accès de la mission d'enquête  de l'ONU au territoire syrien, que Damas a jusqu'à présent refusé.

La question des armes chimiques est revenue sous les  projecteurs ces  deux dernières semaines, Paris, Londres puis Washington  ayant accusé  le régime d'avoir utilisé du sarin (un liquide volatil  neurotoxique).  Moscou n'a pas jugé ces preuves convaincantes, mais a  finalement  souscrit à la condamnation générale contenue dans la  déclaration. «Les  mots seuls ne stopperont pas la souffrance», a reconnu  David Cameron,  mais «chaque jour sans conférence est un jour de  violences en plus».  Les dirigeants du G8 vont par ailleurs débloquer une aide humanitaire  d'un milliard et demi de dollars pour la Syrie et les pays voisins.

Sur le terrain, la guerre se poursuit, notamment dans la  zone de  Damas, où les troupes loyales au régime tentaient mardi  d'écraser les  bastions rebelles autour de la capitale, d'après une ONG syrienne. Le  conflit en Syrie a fait 93.000 morts depuis mars 2011, selon l'ONU, et  il y a désormais plus d'1,6 million de réfugiés.