Ceux qui aiment l’impressionnisme prendront le train

TRANSPORTS La SNCF, qui avait décoré un train façon Versailles sur le RER C, renouvelle l’expérience en conviant cette fois les peintres impressionnistes à bord de trois wagons sur le ligne J du Transilien...

Oihana Gabriel

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Paris, le 18 juin 2013. Inauguration du train impressionniste. La SNCF  et le Musee d'Orsay ont redécoré un Transilien avec des tableaux de  maitres impressionnistes
Paris, le 18 juin 2013. Inauguration du train impressionniste. La SNCF et le Musee d'Orsay ont redécoré un Transilien avec des tableaux de maitres impressionnistes — V. WARTNER / 20 MINUTES

Des dindons esquissés par Monet et autres ballerines de Degas se baladent dans un Transilien. Les voyageurs depuis Marne-la-Vallée et Gisors sur la ligne J ont eu la surprise depuis ce mardi, 14h, de croiser les toiles des plus grands peintres impressionnistes dans leur train quotidien. Fière de la réussite d’une première expérience d’invitation de l’art sur les rails, la SNCF renouvelle l’initiative, cette fois en pelliculant les bijoux du musée d’Orsay sur trois wagons d’un Transilien. Dans tous les recoins possibles, il expose des détails de peintures aussi célèbres que les Raboteurs de parquet de Caillebotte. Et le décor rend aussi hommage au musée d’Orsay, en dévoilant le long des escaliers certaines de ses sculptures (en évitant les nus...) et au plafond sa verrière reconnaissable.

 Une ligne empruntée par les impressionnistes

Et les échos entre ce musée, une ancienne gare, et cette ligne J parsèment cette exposition de proximité à l’intérieur du train uniquement. Car c’est depuis la gare Saint-Lazare, peinte et reproduite par Claude Monet, que ce train propose ce voyage dans le temps. Le premier wagon épouse d’ailleurs la thématique de Paris et l’industrialisation, pour reproduire Le pont du chemin de fer à Argenteuil de Monet. Mais c’est tout le paysage traversé, ce décor en mouvement, que l’on retrouve au travers de ces touches de peinture. Monet descendait à Vernon pour rejoindre Giverny, Sisley a peint les rues d’Argenteuil, Pissarro Pontoise...

«Pour des raisons de maintenance, nous avons besoin d’un pelliculage transparent, explique Bénédicte Tilloy, directrice de la SNCF. Nous avons alors eu l’idée de proposer aux musées d’embellir la vie des voyageurs.» «Il n’y a pas de césure entre le monde des élites et le quotidien compliqué des gens», renchérit Pierre Serne, vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports. Même si l’élu vert anticipe déjà les critiques: «J’entends déjà des réflexions, vous feriez mieux de vous occuper de la ponctualité. Mais on fait les deux: les nouvelles rames du Francilien vont arriver sur le ligne J cette année.»

 

 

 

Attirer un public éloigné des musées

 Cette opération de pédagogie invite un public éloigné des arts à partir à la découverte d’Orsay. «Si ce train peut rejoindre les jeunes des Mureaux, que les lumières de l’impressionnisme n’atteignent pas, tant mieux!», résume Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Serge, 72 ans, venu «pour visiter la rame décorée sur le thème de l’impressionnisme, peinture que j’adore» avait l’air ébloui par le travail des conservateurs du musée et des agents.

«C’est réussi compte tenu du matériel qui ne peut être modifié. Ils ont logé des reproductions partout où ils ont pu. Mais combien de temps pourra-t-on profiter de ces peintures sans tag? J’espère que le vernis permet un nettoyage efficace...», nuance l’usager. La présidente de la SNCF assure, elle, que les wagons rendant hommage à Versailles n’ont quasiment jamais été vandalisés.