Les quatre preuves scientifiques que le printemps a vraiment été pourri

Vincent Vanthighem
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Pluie à Paris, le 30 mai 2013.
Pluie à Paris, le 30 mai 2013. — FRED DUFOUR/AFP

«Le soleil a surtout brillé par son absence…» Les experts de Météo France sont sans doute les seuls à faire de l’humour avec un sujet aussi sérieux que la météo. La faute à un printemps maussade qui a déprimé et qui continue d’agacer les Français. «20 Minutes» s’est donc lancé dans une analyse scientifique très poussée –avec l’aide de Météo France- afin de démontrer que ce printemps était «exceptionnellement» pourri. Quatre faits incontestables histoire de continuer à espérer que ce printemps ne se reproduira pas l’an prochain…

1. Il n’avait pas fait aussi froid depuis 1987

A l’époque, Rick Astley chantait Never Gonna Give You Up et la Terre venait de franchir le cap de cinq milliards d’habitants. Il faut remonter à l’année 1987 pour trouver un printemps plus froid que celui que nous venons de vivre. Sur la France entière, les températures sont inférieures aux normales de 1,3°C. «Seule la Corse a bénéficié de températures proches des normales», indique ainsi Météo France dans son bilan. Les autres ont dû garder les écharpes et les gants. Notamment à Lesquin (Nord) où le record datant de 1944 a été battu le 13 mars avec une température de-10,5°. La ville de Saint-Quentin a fait mieux –ou pire, c’est selon- en atteignant les -11,5° le même jour. Dans l’Oise, le record datait tout de même de 1933.

2. Paris n’a pas eu un jour de soleil en mai

Non, ce n’était pas une éclipse. Un orage violent a fait croire à tous les Parisiens que la nuit était déjà tombée lundi 17 juin vers 11h. Ou alors que Roland Emmerich avait décidé de tourner une suite à Independance Day sans avoir prévenu personne. Mais rassurons-nous, le mois de juin ne pourra pas être pire que celui de mai en terme d’ensoleillement. Et pour cause, Paris n’a enregistré aucun jour d’ensoleillement le mois dernier. Les critères de Météo France prévoient une fraction d’ensoleillement de 80% par jour pour rentrer dans les statistiques. On peut toujours se rassurer en réalisant que Pau (Pyrénées-Atlantiques) n’a rempli les conditions qu’à une seule reprise. Ou détester les Corses de Figari qui ont eu cette chance cinq jours durant…

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3. Des congères de 1 mètre de haut dans la Manche

Conséquence de l’épisode glacial du 13 mars dont nous vous parlions plus haut, plusieurs régions de France ont battu des records d’enneigement. «Généralement comprises entre 10cm et 20cm, les hauteurs de neige ont été remarquables», indique Météo France. «Remarquables», à condition d’avoir une paire de skis au pied. Ce qui est rarement le cas en Basse-Normandie où l’épaisseur de neige a atteint 40 cm. Plus bas, dans la Manche, un vent violent venu du Nord-Est a carrément entraîné la formation de congères de 1 mètre de haut. Certains ont même dû croire que Roland Emmerich –désolé mais il s’agit du plus grand spécialiste des films sur les catastrophes météorologiques- s’était juste trompé d’un an quand il a réalisé 2012.

4. Il n’avait pas plu autant depuis 1959

Sur l’ensemble de la saison et du pays, les précipitations ont été excédentaires de 30% par rapport aux normales saisonnières. Si le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la Bretagne n’ont pas connu de pic, le sud de la France a été moins gâté. Le sud-est, la Corse, et l’Aquitaine ont enregistré des cumuls de pluies «plus d’une fois et demie supérieurs la normale», indique les experts dans leur bilan. Nîmes (Gard) a ainsi battu son record datant de 1964. Et Nice, celui de 1942.