Le juge Jean-Michel Gentil à Bordeaux, le 19 février 2013.
Le juge Jean-Michel Gentil à Bordeaux, le 19 février 2013. — AFP PHOTO/ PATRICK BERNARD

Société

Dessaisissement du juge Gentil: La Cour de cassation rendra sa décision jeudi matin

JUSTICE – La Cour de cassation s'est penchée, ce mardi, sur les liens d’amitié entre le juge d’instruction et l’experte qui a examiné Liliane Bettencourt…

16h52 : Dernière minuteLa Cour de cassation a mis sa décision sur le dessaisissement du juge Gentil en délibéré à jeudi, 9h.

Les spécialistes parlent d’un an. Au bas mot. Voilà le retard que pourrait prendre l’instruction de l’affaire Bettencourt. La Cour de cassation examine, ce mardi après-midi, une requête en dessaisissement du juge Jean-Michel Gentil et de ses deux collègues qui instruisent à Bordeaux (Gironde) ce dossier dans lequel Nicolas Sarkozy et Eric Woerth sont, notamment, mis en examen. Lundi, la radio RTL a révélé que le parquet général de la Cour de cassation était d’ailleurs favorable à cette solution.

L’expert témoin de mariage

Qu’a donc fait le juge Gentil pour qu’on lui retire le plus important dossier de sa carrière? Il s’est marié tout simplement. C’était en 2007. Et l’une de ses témoins n’était autre que Sophie Gromb. Seul problème, cette médecin est également l’une des expertes qui a examiné Liliane Bettencourt dans le cadre de l’instruction et qui a conclu à son «état de faiblesse». Surtout, elle a été nommée par le juge Gentil. Il n’en fallait pas plus aux avocats des mis en examen pour demander son dessaisissement. Dans leur requête, ils estiment que ces liens d’amitié entre le juge et l’experte sont «de nature à faire naître un doute sur l’impartialité objective de l’instruction».

Les esprits s’échauffent très vite

Le 5 juin, ces avocats avaient demandé la clôture pure et simple du dossier. Estimant qu’il n’y avait pas «de scandale tel», la Cour de cassation avait alors refusé d’accéder à leur requête. Ce mardi, elle pourrait prendre une autre voie en retirant le dossier au juge et en dépaysant l’instruction dans un autre palais de justice. C’est ce que va plaider Patrice Spinosi, avocat représentant les mis en examen. Contacté par 20 Minutes lundi, il a refusé de s’exprimer avant l’audience. Le 5 juin, il réclamait simplement «un temps d’arrêt dans cette affaire où les esprits s’échauffent très vite…»

Soutenu à Bordeaux

Alors que le parquet général de la Cour de cassation semble favorable au dessaisissement du juge Gentil, le parquet de Bordeaux l’a soutenu, lundi, souhaitant que le magistrat aille au bout de son instruction.