A la sortie des épreuves de philo, on philosophe…

Aude Massiot

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POL EMILE/SIPA

«Oui, ça s’est bien passé.» C’était la réponse récurrente, ce lundi matin, des bacheliers des lycées Condorcet et Chaptal à Paris, en sortant de leur épreuve de philosophie. «Dès que j’ai vu le sujet, j’ai été rassuré», affirme Manuel en sortant de l’épreuve de philosophie. Son sujet: «Le travail permet-il de prendre conscience de soi?». «Les sujets étaient plus faciles que ce à quoi on s’attendait, assure aussi Martin, élève de filière scientifique. Alors ça va, je suis plutôt confiant pour la suite.»

Le commentaire de texte a été le grand gagnant des choix des bacheliers, toutes filières confondues. «J’ai choisi le commentaire de texte, parce qu’on peut le faire sans avoir trop de connaissances sur le sujet», explique Camille, élève de filière ES. C’est un exercice qui peut paraître plus facile que la dissertation, mais comme le dit Marine «ça peut s’avérer trompeur». Les élèves découvriront s’ils ont fait le bon choix quand leurs notes seront publiées le 5 juillet prochain.

 Une épreuve redoutée

Première épreuve de la semaine du bac, la philosophie est sans conteste l’épreuve la plus redoutée par les bacheliers. «C’est l’épreuve qui m’angoissait le plus, admet Victoire. Je suis soulagée qu’elle soit enfin passée». «Oui, le plus dur est passé pour nous», ajoute Martin. Pour les bacheliers, l’épreuve de philosophie est souvent perçue comme très aléatoire. Alors ils comptent surtout sur la bienveillance des correcteurs.

Aussi pour beaucoup d’élèves scientifiques, la philosophie est la bête noire du bac. «C’est une sorte de plaie que l’on se traîne toute l’année», dénonce Alex, qui se destine à des études de gestion. Mathieu est encore plus radical: «la philo, cela ne sert à rien.»

Comme chaque année les bacheliers en panne d’inspiration n’hésitent pas à évoquer des exemples, pour le moins risqués afin d’éviter l’angoisse de la page blanche. « J’ai parlé du mariage pour tous et de [l’affaire] Cahuzac, dans ma dissertation sur «Que doit-on à l’Etat?», avoue Lucille, avec un sourire embarrassé. Je ne sais pas comment va le prendre le correcteur.»