Belgique: Cinq permissions de sortie accordées à un complice de Dutroux

avec AFP

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La justice belge a accordé lundi cinq premières «sorties pénitentiaires» à Michel Lelièvre, un complice du meurtrier pédophile Marc Dutroux, près d'un an après le tollé provoqué par la remise en liberté conditionnelle de Michelle Martin.

Michel Lelièvre, aujourd'hui âgé de 42 ans, avait été arrêté en 1996 en même temps que Marc Dutroux et Michelle Martin. Alors que Dutroux était condamné à la perpétuité en juin 2004, Michel Lelièvre a écopé d'une peine de 25 ans de réclusion pour sa participation à l'enlèvement et à la séquestration de deux adolescentes tuées par Dutroux et de deux autres libérées par la police du «cachot» aménagé par Dutroux dans sa cave à Charleroi. En comptant la détention préventive, il a purgé près de 17 ans de prison.

Celui qui était considéré comme «l'homme à tout faire» de Dutroux s'est vu à nouveau refuser une libération conditionnelle, pour la huitième année consécutive, par le Tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles.

Formation en menuiserie

Mais le TAP lui a cette fois accordé l'autorisation d'effectuer cinq sorties de huit heures maximum, d'ici au 16 septembre, pour préparer sa réinsertion. Il pourra consacrer trois d'entre elles à la mise en place d'une formation en menuiserie et rencontrer à deux reprises sa psychologue.

Le TAP a aussi stipulé qu'il ne pourrait pas entrer en contact avec les parties civiles, ce qui lui interdit donc de se rendre dans les villes (Liège, Hasselt, Bruxelles,...) où elles résident ou travaillent. Le tribunal se penchera à nouveau le 16 septembre sur une demande de «détention limitée» de Michel Lelièvre, qui souhaite suivre sa formation pendant la journée et rentrer en prison le soir et le week-end.

Demande de libération anticipée

Marc Dutroux a été condamné pour l'enlèvement, la séquestration et le viol, entre juin 1995 et août 1996, de six fillettes et adolescentes belges, ainsi que de la mort de quatre d'entre elles. Il devrait introduire dans les prochains mois une demande de libération anticipée, qu'il n'a cependant pratiquement aucune chance d'obtenir.

Son ex-femme et complice Michelle Martin, qui avait écopé de 30 ans de prison, y a eu droit en août 2012 et vit désormais dans un monastère de la région de Namur (sud), à l'abri des regards. Cette remise en liberté, ravivant les blessures de la plus terrible affaire de l'histoire judiciaire du pays, avait provoqué de nombreuses manifestations d'hostilité en Belgique.