Noisiel: Emoi autour de la fermeture d’une salle de prière dans un foyer de migrants

avec AFP

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Plus d'une centaine de fidèles musulmans ont dénoncé ce dimanche lors d'un rassemblement la fermeture programmée d'une salle de prière dans un foyer de migrants à Noisiel (Seine-et-Marne), a constaté un journaliste de l'AFP.

La salle, située dans le foyer Adoma (ex-Sonacotra) Noisiel Soleil, mais utilisée par l'ensemble de fidèles de la ville, doit fermer ce mois-ci dans le cadre d'un projet de transformation du foyer en résidences sociales. Sept studios doivent voir le jour, en lieu et place du local.

«Leur seul lien social»

«Le problème, c'est qu'il n'y a pas de mosquée à Noisiel. On va se retrouver à prier en permanence dans la rue», a souligné Houcine Belhadj, président de l'association de fidèles Ouma.

«Les habitants du foyer sont des travailleurs migrants, qui pour beaucoup n'ont pas de famille. Cette salle, c'est leur seul lien social», a-t-il ajouté.

Des discussions ont été engagées avec la mairie pour obtenir un terrain où implanter une mosquée pour les quelque 500 fidèles de la ville, «mais le terrain ne serait disponible qu'à partir d'octobre», selon le responsable associatif. Un délai qui inquiète les résidents du foyer. «C'est le seul endroit qu'on a pour se retrouver. On a peur qu'ils le ferment en plein ramadan (qui débute le 9 juillet, ndlr)», confie un résident depuis 1974 dans le foyer, qui souhaite conserver l'anonymat.

Cécile Duflot auditionnée

Plusieurs foyers de migrants en Ile-de-France sont concernés par des programmes de rénovation, impliquant la disparition des salles collectives.

La ministre du Logement Cécile Duflot, auditionnée mardi par une commission d'information sur les immigrés âgés à l'Assemblée, a estimé qu'il y avait un «enjeu autour de la présence de lieux collectifs» dans ces foyers et qu'il fallait «construire des projets partagés avec les résidents et les collectivités».

Il y a en France près de 700 foyers de travailleurs migrants (FTM), qui disposent de 100.000 places. La moitié d’entre eux ont été rénovés ou reconstruits dans le cadre d'un plan de traitement lancé en 1997.