Une bonne Disco Soupe pour lutter contre le gaspillage alimentaire

ALIMENTATION Le mouvement veut sensibiliser aux problématiques liées à la consommation ou à l’environnement, à sa manière...

Mathieu Gruel

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Importé de Berlin à Paris il y a un an, le concept des Disco Soupes se développe depuis en Europe et en France, comme ici à Toulouse, le 17 févier 2013
Importé de Berlin à Paris il y a un an, le concept des Disco Soupes se développe depuis en Europe et en France, comme ici à Toulouse, le 17 févier 2013 — FRED SCHEIBER/20MINUTES

Troquez vos plateformes shoes contre votre plus bel économe. Alors que le gouvernement a dévoilé, ce vendredi, les contours d'un plan anti-gaspillage qui doit permettre de réduire de moitié le gâchis d'ici à 2025, Disco Soupe s'est déjà lancée dans ce combat depuis un an. Avec une recette explosive.

«C'est simple, on vient avec son économe et nous fournissons les fruits, les légumes et la musique», explique Caroline Delboy, qui a eu l'idée d'importer le concept d'Allemagne, il y a un an. «J'ai découvert ça à Berlin. On a eu envie de le décliner en France, parce qu'on a trouvé que ça parlait aux gens et qu'on a passé un bon moment», détaille la jeune femme.

Sensibiliser sans culpabiliser

Depuis, ces événements fleurissent un peu partout, au gré des fêtes de marchés ou des festivals. Trois sont d’ailleurs prévus ce week-end en région parisienne, le 15 à Belleville pour le festival irRUEptation et à Montreuil pour le festival système D, ainsi que le 16 à Paris au Stendhal, pour Ville fertile.

L'idée consiste à récupérer des fruits et légumes invendables sur les marchés, «notamment à Rungis, où nous avons noué des contacts avec quelques détaillants», puis de se réunir pour les éplucher en musique. La soupe ou la salade géante ainsi confectionnée est ensuite dégustée joyeusement. «La convivialité c'est notre mantra», sourit Caroline. «Nous voulons sensibiliser un maximum de personnes au problème du gaspillage, mais sans culpabilisation, avec un côté festif». Et le mouvement séduit et s'étend.

En province d’abord, où de nombreuses autres Disco Soupes ont vu le jour, à Rennes, Toulouse, Nantes… sur le modèle de l'association parisienne, dont Caroline est l'une des quatre présidents. «On demande simplement à chaque antenne locale de respecter quelques règles». Parmi lesquelles la convivialité et la nécessité que les produits épluchés soient récupérés.

Une Disco Soupe en Corée

Se revendiquant du mouvement slow food, Disco Soupe compte une cinquantaine de sympathisants à Paris. Mais impossible d'avoir un chiffre précis d'adhérents. «On n’en a pas, on fonctionne de manière très collaborative, très horizontale», précise Caroline Delboy. Ce qui est sûr, c'est qu'«on est de plus en plus nombreux» et que le mouvement s'étend même en Europe et au delà. «Il y en a même eu une Disco Soupe en Corée»

Quant à la musique, fanfare, batukada, DJ... Tout est bon pour faire monter la sauce. Et donc pas uniquement la disco. «On ne passe pas que de la disco pendant les Disco Soupes», confirme la jeune femme. «Ce nom, c'est en fait un hommage aux Shnippel Disko allemandes, dont elles s'inspirent». Mais ça ne dispense pas de venir avec son bol à facettes pour la dégustation.