Le faux Gainsbourg nie avoir voulu tuer le faux Johnny

avec AFP

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Illustration au Palais de Justice de Nantes.
Illustration au Palais de Justice de Nantes. — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

Le faux Gainsbarre à la barre. Un sosie de Serge Gainsbourg comparaît depuis vendredi devant les assises des Vosges, à Epinal, pour avoir poignardé son voisin, lui-même sosie de Johnny Hallyday, lors d'une dispute sur leurs talents artistiques respectifs en juillet 2011. «Je reconnais le coup de couteau mais je n'avais pas l'intention de tuer», a déclaré à l'ouverture de l'audience l'accusé, Denis Colnot, 48 ans, cheveux courts grisonnants, regard creux et bras croisés.

Sur le banc des parties civiles était assis le sosie de Johnny Hallyday, sa victime, alias Michel P., front dégarni, nuque longue, aux faux airs de Léo Ferré. Les deux sosies, habitués à s'affronter lors de concours d'imitateurs dans la région, se vouaient depuis plusieurs années une rancune tenace et s'envoyaient régulièrement des messages d'insultes.

Gainsbourg sous l’emprise de l’alcool

Mais le ton était monté le 23 juillet 2011, lorsque «Johnny» a tondu la pelouse dans la résidence où les deux sosies habitent, dans un quartier populaire d'Epinal. «Gainsbourg», de son balcon, l'avait invectivé, puis était sorti de son appartement avec un couteau de cuisine qu'il avait planté dans la gorge de «Johnny», à quelques millimètres de la carotide.

«Il était sous emprise de l'alcool, comme souvent, mais je ne l'avais jamais vu dans cet état là. Ils se sont tous les deux provoqués, puis j'ai vu Denis sortir le couteau, et je me suis demandé:  ‘Qu'est-ce qu'il va se passer?’» a expliqué un voisin, Daniel, témoin de la scène. «Il a couru, il l'a planté à plusieurs reprises, puis il est remonté dans son appartement et a nettoyé son couteau. Après, Denis était comme paralysé, il ne disait plus rien», a poursuivi ce témoin.

La jalousie comme motif?

Lors de ses auditions, le faux Gainsbourg a expliqué qu'il ne supportait plus les humiliations répétées de «Johnny», qui le traitait de «cas social». Le faux Johnny avait estimé, pour sa part, que son rival ne supportait pas de perdre systématiquement lors des concours de sosies auxquels ils s'adonnaient et que son geste avait été guidé par la jalousie.

Lors de la première matinée du procès, un enquêteur de personnalité a décrit l'accusé comme «une personne en souffrance», marqué par une enfance durant laquelle son père le frappait, puis par une évidente précarité sociale. «La vie de ces deux personnes n'est pas facile. C'est une simple dispute qui a mal tourné, comme dans une famille. Heureusement, Michel P. se porte bien. Denis Colnot n'a jamais eu la volonté de tuer. Il a donné un coup de couteau un peu comme on donne une claque à son frère», a affirmé à l'ouverture de l'audience l'avocat de la défense, Me Gérard Welzer. Le verdict est attendu lundi soir. On saura alors si «Gainsbourg» devra franchir les portes du pénitencier.