Furosémide: La gendarmerie fait une perquisition, après une première inspection

SANTÉ lors qu’une nouvelle enquête a été ouverte après la mort d’un patient à Toulon, «20 Minutes» fait le point sur les investigations en cours ...

Vincent Vantighem

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Toulouse, le 10 juin 2013. Des  boîtes de Furosemide des laboratoires Teva.
Toulouse, le 10 juin 2013. Des  boîtes de Furosemide des laboratoires Teva. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

DERNIERE INFO 16h12: Une perquisition de l'usine de conditionnement Teva à Sens est réalisée, a annoncée la gendarmerie

Qu’a donné l’inspection dans l’usine Teva de Sens (Yonne)?

Contactée par 20 Minutes ce jeudi matin, l’Agence nationale de sécurité du médicament confirme que l’inspection dans l’usine Teva de Sens (Yonne) n’a pas permis de révéler de «dysfonctionnement» dans le conditionnement des médicaments. Les investigations se poursuivent. Cet après-midi, la gendarmerie a annoncé qu'une perquisition était réalisée dans cette usine. Ainsi, les boîtes de Furosémide qui ont retirées du marché sont en cours de «vérification». Sous le contrôle d’un huissier, elles sont ouvertes une par une pour s’assurer que les comprimés sont bien des diurétiques et non pas des somnifères. «Plusieurs milliers de boîtes doivent être vérifiées, assure-t-on à l’ANSM. Au dernier bilan, mercredi en fin d’après midi, les inspecteurs n’avaient trouvé aucun comprimé de somnifère Zoplicone dans les boîtes contrôlées». 

Combien de mauvais comprimés ont été trouvés pour l’instant?

Si les laboratoires Teva ont rapidement communiqué sur une erreur possible de conditionnement de ces médicaments, l’affaire trouve son origine dans un signalement effectué auprès d’une pharmacie. Il s’agit d’une patiente qui est retournée voir son pharmacien après s’être plaint de subir des effets de somnolence. «Le pharmacien a vérifié l’ensemble de la prescription. Et il a trouvé deux comprimés de Zoplicone dans les boîtes de Furosémide. Pour l’instant, ce sont les seuls comprimés litigieux à avoir été découverts», indique une source à l’Agence du médicament.

Combien de cas suspects ont été signalés?

Depuis lundi, l’Agence du médicament assure que trois cas de patients «suspects» lui ont été signalés. Parmi eux, deux patients seraient décédés, le troisième dans un état grave. Le premier cas à avoir été médiatisé est celui d’un nonagénaire de Marseille (Bouches-du-Rhône) sur lequel une autopsie a été pratiquée pour rechercher les «causes exactes de la mort». Celle-ci a conclu que le patient de 91 ans était mort d’un œdème aigu du poumon. Pour Jacques Dallest, le procureur de la République de Marseille, «il semblerait qu’il ait pris un médicament issu de l’une des boîtes d’un lot mal conditionné». Pour autant, seuls des examens toxicologiques permettront de savoir si cet homme a effectivement pris le somnifère Zoplicone en lieu et place de son diurétique habituel. Contacté ce jeudi matin par 20 Minutes, le parquet de Marseille indique n’avoir pas «de commentaires supplémentaires» à faire pour le moment, les investigations étant toujours en cours.

Si l’ANSM n’a dénombré pour le moment que «trois cas suspects», il pourrait y en avoir bien plus. Deux décès enregistrés en Ardèche et dans l’Oise pourraient ainsi être consécutifs à l’erreur de conditionnement de médicament. Ce jeudi matin, le parquet de Toulon (Bouches-du-Rhône) a affirmé avoir ouvert une enquête préliminaire après la mort d’un homme de 78 ans qui prenait du Furosémide.

Combien de boîtes de médicaments ont été rappelées?

Après la première alerte, l’ANSM a rappelé l’ensemble des boîtes des lots Y175 et Y176 de Furosémide, soit 190.000 boîtes de médicaments. Pour éviter «toute confusion», le rappel a été élargi à l’ensemble des boîtes de Furosémide. «Nous ne savons pas si des patients en ont toujours chez eux, confirme-t-on à l’ANSM. Des boîtes reviennent. Les grossistes nous les ont fait revenir. Mais c’est impossible de savoir si tout est revenu.» Les patients sont ainsi invités à se rendre dans leur pharmacie pour rendre les boîtes concernées. Leur pharmacien leur délivrera, en échange, un nouveau médicament.

Quels sont les effets possibles de la prise du Zoplicone?

Le Zoplicone est un somnifère. Il peut donc entraîner des effets de somnolence dangereux pour les patients qui prennent le volant et engendrer des chutes chez les personnes âgées. «Le problème vient aussi des patients qui prenaient déjà des somnifères, explique l’ANSM. Ceux-là peuvent avoir une surdose de somnifère et carrément tomber dans le coma.» L’autre souci sanitaire vient aussi de ces patients qui, prenant du Zoplicone, ne disposent plus de leur traitement diurétique habituel. «Cela favorise le risque d’œdème et d’insuffisance cardiaque», conclut l’ANSM.