Le feu couve encore dans les cités

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Le risque d'une surenchère entre quartiers, dont les quatre dernières attaques de bus mercredi soir, à Nanterre, Montreuil, Athis-Mons et Vénissieux, pourraient s'avérer être un exemple, est avancé par acteurs de terrain et policiers.
Le risque d'une surenchère entre quartiers, dont les quatre dernières attaques de bus mercredi soir, à Nanterre, Montreuil, Athis-Mons et Vénissieux, pourraient s'avérer être un exemple, est avancé par acteurs de terrain et policiers. — Jack Guez AFP

Funeste anniversaire. Aujourd'hui, une marche silencieuse est organisée à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, les deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005, alors qu'ils voulaient échapper à la police. La suite, ce sont trois semaines de violences urbaines qui ont révélé le profond malaise des banlieues. Un an après, de nombreux acteurs de terrain redoutent un nouvel embrasement. L'anniversaire va-t-il constituer une étincelle capable de rallumer le feu dans les quartiers sensibles ?

Dans la nuit de mercredi à jeudi, encore, quatre bus ont été attaqués, dont trois en région parisienne (Montreuil, Nanterre et Athis-Mons) et un dans le quartier des Minguettes à Vénissieux (Rhône). A Montreuil (Seine-Saint-Denis), l'incident a été particulièrement grave : une dizaine de jeunes cagoulés et armés ont pris d'assaut un bus. Le conducteur, menacé par une arme à feu placée sur sa tempe, a quitté le véhicule indemne, mais très choqué. Les agresseurs ont ensuite dérobé le véhicule avant de l'incendier quelques centaines de mètres plus loin. Aucun blessé n'est à déplorer, les passagers ayant tous pu s'enfuir rapidement des bus.

Ces événements viennent corroborer la conviction, partagée par 59 % des maires selon un sondage Ipsos publié hier, qu'une seconde explosion est « probable ». « Rien n'a été fait pour enrayer la situation », estime Clair Michalon, ethno-sociologue. Un point de vue partagé par Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France. « Ça peut recommencer car les émeutes ont révélé des problèmes qui ne peuvent être traités en un an. »

Marie-Colombe Afota

Les onze policiers, convoqués les 20 et 21 novembre par le juge d'instruction qui enquête sur la mort de Zyed et Bouna, pourraient être mis en examen pour « non-assistance à personne en danger », a indiqué hier à l'AFP une source proche du dossier.