Peut-on faire confiance aux alternatives de la pilule?

Aude Massiot
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Le 30 aout 2012. Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement, en interview pour le quotidien 20 Minutes dans son bureau du ministere au 35 rue Saint Dominique.
Le 30 aout 2012. Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement, en interview pour le quotidien 20 Minutes dans son bureau du ministere au 35 rue Saint Dominique. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La Ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, invitée au forum a souligné qu’il est important que «chaque femme aujourd’hui puisse choisir sa contraception»  [neuf femmes sur dix sont couvertes par un contraceptif] et pas  seulement la pilule. Dans ce but, le gouvernement a mis en place en  janvier 2013, un numéro vert gratuit (0 800 63 66 36) pour répondre aux  questions sur les méthodes contraceptives. En l’espace d’un mois, il  avait déjà reçu plus de 16 000 appels. Et, à la demande du Ministère de  la Santé, la Haute Autorité de la Santé a publié sur son site une liste des méthodes contraceptives en fonction de leur efficacité. 

«Il n’existe aucun médicament efficace qui ne présente pas de risque»

Pour  le Dr Jean-Patrick Sales, directeur de l’évaluation médicale,  économique et de la santé publique de la Haute Autorité de la Santé  (HAS), les pilules doivent être considérées avant tout comme des  médicaments et il n’existe aucun médicament efficace ne présentant aucun  risque. Ainsi, bien que les pilules de 3ème et 4ème  générations, qui ne doivent être prescrites qu’en deuxième intention,  se révèlent deux à quatre fois plus dangereuses que celles de 2ème  génération, ces dernières présentent elles aussi des risques  trombo-veineux qui ne sont pas négligeables. Bien prescrite, la pilule  présente pourtant de nombreux avantages, comme une baisse du risque de  cancer ovarien et d’endométriose qui  peut provoquer une stérilité, ou  encore permet de diminuer le syndrome dépressif prémenstruel, entre  autres.

Le  grand gagnant du détournement des femmes de la pilule, c’est le  stérilet, observe le Dr Odile Buisson, gynécologue et auteure de Sale temps pour les femmes (Ed.  Brochet 2013. De plus en plus prescrit, et non plus seulement pour les  femmes qui ont déjà eu des enfants, comme c’était trop souvent le cas  auparavant. L’implant contraceptif a aussi été choisi par beaucoup de  femmes. C’est une méthode hormonale, peu contraignante, mais qui  provoque souvent des effets secondaires gênants. Par contre, des  contraceptifs comme l’anneau et le patch, qui diffusent des hormones  autrement que par voie orale, comporteraient les mêmes taux de risques  d’embolie pulmonaire ou d’AVC que les pilules de 3ème  génération.  Pour les gynécologues, le « moniteur de contraception » de  la marque Clearblue n’est pas un mode de contraception efficace.