Bataille sur les réseaux sociaux autour de Clément Méric

Matthieu Goar

— 

Rassemblement en hommage à Clément Méric le 6 juin 2013 rue Caumartin où il trouvé la mort la veille.
Rassemblement en hommage à Clément Méric le 6 juin 2013 rue Caumartin où il trouvé la mort la veille. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Samedi et dimanche, les réseaux sociaux ont été le théâtre d’une bataille de commentaires entre les amis de Clément Méric et d’autres internautes haineux à l’égard de la mémoire du jeune homme. La page facebook de soutien au militant d’extrême gauche, tué mercredi soir lors d’une bagarre avec des militants d’extrême droite, a ainsi été piratée. «Tous les jours des Français de souche sont tués dans l’indifférence», pouvait-on lire sous la photo de l’étudiant de Sciences Po. Ses proches ont dû supprimer cette page avant d’en créer une autre ici où les commentateurs s’écharpent sans retenue.

Des moqueries sur un faux compte Twitter

Un faux compte Twitter,  a également dû être supprimé @ClementmericAF. Sur ce fil, des moqueries contre Méric se succédaient. «Mal au crâne», «Tu connais l’histoire de paf le gaucho», etc. Interrogé sur France info, Najat Vallaud-Belkacem a conseillé à la famille de porter plainte. «La loi prévoit déjà ce cas de figure car le fait d'usurper l'identité de quelqu'un, y compris sur le web, est passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. J'invite les proches, la famille de Clément Méric, à intenter une action en justice pour faire cesser cela», a déclaré la porte-parole du gouvernement.

Interrogée par 20 Minutes, Fleur Pellerin a expliqué pourquoi l’Etat pouvait moins facilement se saisir de l’affaire, alors que le parquet avait ouvert une enquête pour le hashtag #unbonjuif qui avait alimenté la polémique. «Je considère qu’Internet est un espace public comme la rue. Tout message haineux, tout propos à caractère raciste ou antisémite, doit y être proscrit. La question est de savoir quels outils sont à notre disposition pour le faire. Il est sans doute moins facile d’appliquer la loi sur les réseaux sociaux, dématérialisés, sans frontières et pas forcément soumis à la législation locale que sur l’espace public. Avec le hashtag #unbonjuif, on était dans un délit pénal et l’Etat pouvait intervenir. Sur Clément Méric, je pense d’abord à sa famille, je me mets à leur place. Mais on n’est plus dans quelque chose de l’ordre de la diffamation. C’est à la famille de prendre la décision de porter plainte», a déclaré la ministre déléguée à l’innovation numérique.