Les pères divorcés manifestent pour la garde alternée

DIVORCES Le collectif Grue jaune, regroupant une vingtaine d'associations, manifeste un peu partout en France pour revendiquer l'égalité parentale...

Alexandra Luthereau

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Serge Charnay, un père en détresse, se tient en haut d'une grue des  chantiers navals, pour que son dossier de garde parentale soit rééxaminé  par la justice, le 17 février 2013.
Serge Charnay, un père en détresse, se tient en haut d'une grue des chantiers navals, pour que son dossier de garde parentale soit rééxaminé par la justice, le 17 février 2013. — F. ELSNER / 20 MINUTES
Les pères divorcés seront dans la rue dimanche 9 juin. L’association Grue Jaune, née après le retranchement sur une grue à Nantes d’un père s’estimant discriminé par la justice familiale, veut faire entendre la voix de ces pères qui souhaitent l’égalité parentale et la résidence alternée des enfants.
 

23% de garde en résidence alternée

Les chiffres du ministère de la Justice montrent qu’en cas de séparation, les mères se voient confier la garde des enfants dans 70% des cas. La résidence alternée concerne 23% des affaires, selon les chiffres du ministère de la Justice. Des chiffres sur lesquels s’appuie le collectif pour prouver une inégalité entre pères et mères.
 
«Il faut noter que dans 80% des cas, les parents se sont entendus sur le mode de garde des enfants. La décision du juge se fait sur la base de cet accord», précise Eric Bocciarelli, secrétaire général du syndicat de la magistrature. Des revendications de pères que l’Union syndicale des magistrats (USM) relativise également. «Dans les cas litigieux, seulement 10 à 15% concernent des dossiers de désaccords sur la garde», rappelle Véronique Léger, secrétaire nationale de l’USM.
 

«Misandrie judiciaire» dénoncée par le collectif

Pourtant, les pères militants de la vingtaine d’associations sous l’égide du collectif estiment être discriminés par une justice familiale plus favorable aux mères. «En face de nous, il existe une misandrie judiciaire entretenue par des magistrats, qui sont surtout des magistrates», insiste Philippe Veysset, le porte-parole du collectif la Grue Jaune.
 
«Il n’y a pas d’a priori», réplique Véronique Léger. «Les magistrats sont ancrés dans la réalité de la société et ses évolutions», ajoute Eric Bocciarelli, où les rôles de père et mère sont plus équilibrés dans l’éducation des enfants. Et cette évolution est prise en compte dans les décisions judiciaires estiment les deux syndicats. Dans tous les cas, «c’est l’intérêt de l’enfant qui est recherché ».
 
«Mais la justice ne peut pas aller plus vite que l’évolution de la société», explique Véronique Léger. Si les pères, et les deux parents de manière plus générale, ne demandent pas plus la résidence alternée, ce mode de garde n’évoluera pas plus. Point sur lequel Philippe Veysset est d’accord. «Le collectif encourage les pères à demander plus souvent la résidence alternée. Cela passe aussi par l’éducation à la parentalité», admet-il.