Syrie: Hollande demande la «libération» de deux journalistes disparus

Vincent Vantighem

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Une vue d'Alep, au nord de la Syrie, le 11 mai 2013.
Une vue d'Alep, au nord de la Syrie, le 11 mai 2013. — AFP

La radio Europe 1 a annoncé ce vendredi matin être sans nouvelles de deux de ses journalistes qui couvraient le conflit syrien.

Sur son site, la radio précise: «La direction d'Europe 1 confirme être sans nouvelles depuis 24 heures de Didier François, grand reporter au sein de la rédaction habitué des zones sensibles et d’Edouard Elias, photographe, qui faisaient route vers Alep en Syrie. Europe 1 est en contact permanent avec les autorités qui mettent tout en œuvre pour obtenir plus d’information.»

Hollande demande leur «libération immédiate»

Depuis Tokyo au Japon où il effectue un déplacement officiel, François Hollande a confirmé cette disparition. «Le contact a en effet été perdu avec ces deux journalistes sans qu’on en connaisse exactement les conditions», a précisé le chef de l’Etat.

Si François Hollande assure ne pas connaître les conditions de cette disparition, il a toutefois laissé entendre que les deux reporters auraient pu être enlevés. «Je demande que ces journalistes soient immédiatement libérés car ils ne sont pas représentants de quelque Etat que ce soit», a-t-il ainsi ajouté.

Dans un communiqué diffusé, ce vendredi matin, Harlem Désir, premier secrétaire du Parti Socialiste assure que les deux journalistes ont été «enlevés». Exprimant sa «très vive préoccupation», il «exige leur libération immédiate».

Contacté par 20 Minutes ce vendredi matin, un porte-parole du Quai d'Orsay a toutefois refusé de confirmer que les deux journalistes avaient été enlevés. «Pour l'instant, nous nous en tenons aux déclarations du président de la République.»

D'autres journalistes portés disparus

Selon l'Elysée, Didier François, grand reporter à Europe 1 et Edouard Elias, jeune photographe indépendant missionné par la radio, ont été interceptés à un checkpoint. «Ils ont disparu, il faut faire attention, on ne sait pas qui les a pris, ce sont parfois des groupes d'opposition», soulignait-on vendredi dans l'entourage du président.

Parmi les autres journalistes étrangers actuellement portés disparus en Syrie figure l'Américain James Foley, 39 ans, un reporter de guerre expérimenté enlevé fin novembre dans le nord du pays. James Foley avait fourni des reportages vidéo sur la guerre en Syrie à l'AFP. Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé mi-mai dans une interview à des médias argentins n'avoir «aucune information» sur le sort de ce journaliste.

Un journaliste italien de La Stampa, Domenico Quirico, a lui disparu le 9 avril mais il «est vivant et en Syrie», a annoncé mercredi le directeur de son journal.