Agression de Clément Méric: Que s'est-il passé mercredi soir?

FAITS DIVERS Un jeune homme de 18 ans, connu pour son engagement contre l'extrême droite, est en état de mort cérébrale jeudi après une bagarre avec un groupe de skinheads...

Jérôme Comin

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Un jeune homme a été victime d'une violente agression à proximité de la gare Saint-Lazare de Paris (9e), le 5 juin 2013
Un jeune homme a été victime d'une violente agression à proximité de la gare Saint-Lazare de Paris (9e), le 5 juin 2013 — J.DURON / 20 MINUTES

Clément Méric, 18 ans, est actuellement dans un «état désespéré» à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière après avoir été agressé en plein jour par un groupe de personnes identifiées par plusieurs témoins comme étant des skinheads.

Que s’est-il passé?

Mercredi, vers 18h, un jeune étudiant de 18 ans à Sciences-Po, assiste en compagnie de trois amis à une vente privée de vêtements organisée rue Caumartin, dans le 9ème arrondissement de Paris. Un groupe de trois jeunes gens, décrit par plusieurs témoins comme étant de «de type skinhead», dont une femme, arrive sur les lieux. Selon les premiers éléments de l'enquête, une confrontation éclate avec invectives, bousculades et échanges de mots entre ces deux groupes. Toujours selon une source proche de l’enquête, les skinheads décident alors de sortir et attendent «avec des renforts». Une version démentie par Serge Ayoub, le leader des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), mis en cause par le Parti de gauche.

>> Mis en cause Serge Ayoub, leader des Jeunes nationalistes révolutionnaires, donne sa version des faits

Selon une source policière, une bagarre éclate alors devant le magasin Citadium voisin, et un des skinheads, muni d’un poing américain ou d’une ceinture renforcée, selon les témoignages, assène un coup de poing au jeune Clément, dont la tête heurte violemment un plot en fer. «On était à une trentaine de mètres et on a entendu un gros “boum” quand le jeune est tombé par terre», raconte un couple témoin de la scène, qui n’a duré que quelques secondes. Rapidement prise en charge par les secours, la victime reçoit les premiers soins sur place avant d’être évacuée dans un état grave vers 20h à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Une altercation pour des raisons politiques?

Identifiés par de nombreux témoins comme étant des skinheads au crâne rasé vêtus de bombers noirs, avec pour certains un macaron bleu-blanc-rouge sur le bras, des rangers et des tatouages sur le cou et le coude, les agresseurs appartiendraient aux Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), un groupe d’extrême droite radicale, selon Alexis Corbière, leader du Front de gauche à Paris. Ce qu’a démenti Serge Ayoub, fondateur des JNR. La victime, Clément Méric, étudiant de 18 ans à Sciences Po, était, elle, «connue pour son engagement contre l'extrême droite», explique-t-on du côté du Partie de gauche. La piste d’une bagarre entre deux groupes de militants d’extrême droite et d’extrême gauche est donc privilégiée, comme l’a d’ailleurs précisé Manuel Valls mardi soir, affirmant que la rixe avait eu lieu «très probablement pour des raisons d'ordre politique».

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Dans quel état se trouve la victime?

Rapidement prise en charge par les pompiers, la victime a saigné «abondamment du nez et des oreilles et avait une grosse bosse à l’arrière du crâne», raconte une jeune fille témoin de la bagarre et qui lui a prodigué les premiers soins. Une fois sur place, deux camions de pompiers et une équipe du Samu interviennent sur place pendant plus d’une heure avant d’évacuer la victime à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. A 23h, Alexis Corbière, leader du Front de gauche à Paris, annonce via un communiqué que le jeune est dans un état de mort cérébrale. Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce que la victime est «dans un état désespéré» et «apporte son entier soutien à la famille de la victime».

Les agresseurs bientôt identifiés?

L’agression s’étant déroulée en fin d’après-midi dans un quartier très passant de Paris, de nombreux témoignages ont pu être recueillis par les policiers et une identification rapide est espérée par les forces de l’ordre. «Tout est fait pour retrouver le ou les auteurs de ce drame et l’enquête, je l’espère aboutira le plus vite possible», a affirmé le ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu ce jeudi matin sur les lieux de l’agression. Plusieurs témoins affirment par ailleurs que les trois skinheads mis en cause étaient connus dans le quartier, dans lequel résidait également la victime, selon Manuel Valls.

Sur place, le ministre de l'Intérieur a fait un point sur l'affaire. Ses propos dans la vidéo ci-dessous.