Agression d'un militant d'extrême gauche: Le fondateur des JNR donne sa version des faits

FAITS DIVERS Il prend la défense des skinheads qui seraient, selon lui, les «agressés»...

avec AFP

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Serge Ayoub, le fondateur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le 8 octobre 2011, à Lille.
Serge Ayoub, le fondateur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le 8 octobre 2011, à Lille. — B.CHIBANE / SIPA

Serge Ayoub, le leader des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le groupe skin mis en cause par le Parti de gauche dans la bagarre qui a laissé un militant d'extrême gauche dans un état désespéré, a démenti ce jeudi toute implication de son groupe.

«C'est absolument faux», a dit, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP, Serge Ayoub, alias «Batskin», qui a par ailleurs rejeté sur les militants d'extrême gauche la responsabilité de la bagarre survenue près de la gare Saint-Lazare, à Paris.

«Les cheveux trop courts» et «une marque de blouson qui déplaît»

Selon Serge Ayoub, qui dit avoir «eu le temps de se renseigner» sur l'agression, «trois jeunes hommes et une fille, la compagne de l'un des jeunes», se sont rendus «normalement» mercredi dans une vente privée du quartier de la gare Saint-Lazare. Selon lui, ce sont «des jeunes qui ont le malheur d'avoir les cheveux trop courts et une marque de blouson qui déplaît à d'autres».

Sur le lieu de la vente privée, «ils ont été pris à partie par cinq militants d'extrême gauche qui leur ont promis de les massacrer à la sortie. Le service d'ordre de la vente privée en a été témoin. Il a proposé à ces trois jeunes plus la gamine d'attendre», affirme-t-il. «La sécurité est descendue pour demander aux jeunes d'extrême gauche de s'en aller. Au bout d'une demi-heure d'attente, la sécurité leur a proposé [aux autres jeunes] de descendre en disant que cela s'était calmé», poursuit Serge Ayoub.

«Il y a eu une bousculade»

«Quand ils sont descendus dans la cour -la vente se situait dans les étages-, les jeunes d'extrême gauche les attendaient. La sécurité est sortie une deuxième fois pour les accompagner dehors.» «Un peu plus loin dehors, ces cinq jeunes hommes les attendaient encore. A ce moment-là, les jeunes d'extrême gauche ont porté les premiers coups, en tout cas il y a eu une bousculade», assure le leader des JNR. Selon lui, «les trois (militants d'extrême droite) n'avaient qu'une seule envie c'est de s'en aller, de partir».

Pour Serge Ayoub, «il y a une responsabilité» à faire porter «sur des gens comme Mélenchon» parce que «ce sont eux et les gens d'extrême gauche qui incitent à la haine depuis des mois et des années». «Ce n'est pas anodin de s'appeler "chasseurs de skins", ce n'est pas anodin de se dire "anti-fa" [antifascistes], ce n'est pas anodin de chercher partout à lutter contre un fascisme qui n'existe pas», a-t-il dénoncé.