Grue Jaune: un collectif d'associations hétérogènes de défense des pères

FAMILLE Le collectif Grue jaune fédère une vingtaine d'associations demandant l'égalité parentale entre hommes et femmes. Qui est vraiment ce collectif..?

Alexandra Luthereau

— 

 Un père de famille originaire de Tourcoing (59) s'est retranché en haut d'une grue sur un chantier de construction à Lezennes près de Lille ce lundi 3 juin 2013 en fin d'après midi. Il a demandé à parler au procureur de la République de Lille pour contester une décision de justice concernant la garde de son enfant.
 Un père de famille originaire de Tourcoing (59) s'est retranché en haut d'une grue sur un chantier de construction à Lezennes près de Lille ce lundi 3 juin 2013 en fin d'après midi. Il a demandé à parler au procureur de la République de Lille pour contester une décision de justice concernant la garde de son enfant. — M.LIBERT/20 MINUTES

Les papas dans la rue. Du 6 au 9 juin, le collectif La Grue Jaune organise plusieurs événements en  France. Objectif: «Mettre fin à la discrimination à l’encontre des pères concernant la garde des enfants dans les cas de divorce » explique Philippe Veysset, son porte-parole.

L’association a été créée le 20 février 2013, après que Serge Charnay, un père de famille qui se sentait bafoué par la justice, se soit réfugié pendant 4 jours sur une grue à Nantes. L’événement, qui avait d’abord ému, a ensuite soulevé des questions sur les motivations de cet homme et des associations qui le soutenaient (comme SOS papas), du fait de propos outranciers. "Les femmes qui nous gouvernent se foutent toujours de la gueule des papas" avait-il déclaré tout juste descendu de sa grue. Pour Patric Jean, cinéaste canadien, qui a réalisé le documentaire “Domination masculine”, l’action de Serge Charnay serait nourrie du courant de pensée masculiniste. Ce mouvement antiféministe, venu du Canada, prône notamment le rétablissement d’une société patriarcale.
 

«Nous n’avons rien à voir avec tout ça»

L’association La Grue jaune se défend de porter des valeurs misogynes et rappelle que «le collectif comprend une majorité de papas féministes».  «Nous ne sommes pas antiféministes encore moins masculinistes ou sexistes. Nous n’avons rien à voir avec tout ça», insiste Philippe Veysset.
 
Le porte-parole en veut pour preuve que des femmes font partie de l’association, par exemple «des grands-mères paternelles qui ne voient plus leurs petits-enfants ou des secondes femmes d’hommes n’ayant pas la garde de leurs enfants». Et des textes présents sur leur site demandent de ne pas faire d’amalgame entre leur «combat pour l’égalité» et les «machistes qui causent du tort aux pères modernes qu’[ils] représent[ent]».
 

Ambiguité de certains militants

Mais des liens avec certaines personnes et associations entretiennent l’ambiguïté sur les actions du collectif. En mars dernier, certains pères dont le médiatique Nicolas Moréno qui avait rejoint Serge Charnay sur sa grue, ont lancé «le printemps des pères» dont une page sur le réseau Facebook (dont on ne sait pas si elle est officielle) relaie des propos à caractère misogynes. «Nous ne sommes pas directement associé au printemps des pères», rétorque Philippe Veysset, le porte-parole de La Grue jaune.
 
«Le mouvement des pères n’est pas homogène», explique-t-il. «Nous sommes un collectif, on arrive à s’entendre sur des bases communes. Il a été créé pour fédérer des énergies et donner plus de forces à nos revendications», résume-t-il. Mais «dans certaines de ces associations, il existe des militants qui veulent abolir le divorce par exemple», admet-il. Des idées extrêmes qui pourraient desservir la cause du collectif.