Réforme de la politique familiale: Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre

SOCIAL Politiques, associations et syndicats ont réagi aux annonces de Jean-Marc Ayrault concernant la réforme de la politique familiale ce lundi…

D.B.

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Jean-Marc Ayrault le 3 juin à Matignon, lors des annonces de la réforme de la politique familiale.
Jean-Marc Ayrault le 3 juin à Matignon, lors des annonces de la réforme de la politique familiale. — MEIGNEUX/SIPA

Soulagement ou agacement. Les réactionsaux annonces de Jean-Marc Ayrault concernant la réforme de la politique familiale ce lundi, ont été diverses.

François Fondard, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) a réagi plutôt positivement: «Nous sommes véritablement soulagés qu'il n'y ait pas eu cette modulation des allocations familiales qui remettait en cause l'universalité (...) L'autre choix (ndlr: réduction du plafond du quotient familial), c'est un moindre mal (...), mais on sait que ce sera douloureux pour les familles». Il a aussi salué «la création de 100.000 places de crèche».

De son coté, Bruno Le Roux, président des députés PS, ne s’est pas fait prier pour saluer «le courage» du gouvernement pour avoir rompu «avec la politique de prestations à crédit que les précédents gouvernements ont menée avec désinvolture et qui a conduit à la spirale de déficits. Les mesures annoncées par le Premier ministre permettront derétablir l'équilibre des comptes sans nuire à l'efficacité de la politique familiale», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Et Robert Rochefort, vice-président du MoDem, lui a emboité le pas en déclarant : «La réalité, c'est que nous ne pouvons pas échapper aux efforts. À ce titre, réformer le système de protection sociale est une priorité (...) Baisser le plafond du quotient préserve l'universalité des prestations familiales et la non fiscalisation des allocations familiales».

L’UMP dénonce un «matraquage fiscal»

Mais certaines voix ont été beaucoup plus critiques, à l’instar de celle de Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). «Le quotient familial va pénaliser beaucoup de familles, y compris des familles qui jusque-là pouvaient être non-imposables et le fait d'être imposable les amènerait peut-être à perdre leurs aides sociales: c'est la gratuité de la cantine par certaines municipalités, des aides, voire aussi gratuité d'accès à des centres culturels et sportifs. Donc ce n'est pas seulement les familles aisées (...) mais des familles qui étaient plutôt jusque-là des familles modestes qui seraient concernées, qui auront dû mal à faire face».

Sans surprise, l’UMP n’a pas tardé à réagir, par le biais de son secrétaire national, Gérald Darmanin. Dans un communiqué intitulé Le matraquage fiscal des familles c’est maintenant !, il a fustigé un gouvernement qui «renie les promesses qu’il a faites la veille:promesse de ne pas augmenter les impôts des ménages jusqu’à la fin de l’année 2014, (Conférence de presse de François Hollande, le 16 mai 2013)  et promesse d’agir dans la « justice » alors que le Gouvernement demande un effort global, à tous les Français et notamment aux classes moyennes.» Une colère exprimée aussi par Hervé Mariton, délégué général UMP au projet et  député de la Drôme: « Pourquoi aussi tant d'insistance à cibler le quotient familial? Parce que les contribuables ont plus de mal à calculer immédiatement ce qu'on leur prendra. Une attitude particulièrement lamentable! C'est un gouvernement qui cherche à ruser plutôt qu'à agir».

Un avis partagé par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République: «Certes cette réforme protège les plus modestes, mais il n'y a pas 12% de foyers riches en France! Une large partie des classes moyennes vont payer la facture des erreurs de gestion des gouvernements précédents», a-t-il affirmé.

De son côté, l’Unef, a dénoncé «une mesure de strictes économies budgétaires qui va entraîner la diminution du budget des aides étudiantes de plus de 500 millions d’euros au total», si l’on additionne le plafonnement du quotient famililal d’octobre 2012 et celui annoncé ce lundi. Ce qui porte «un grave coup à la démocratisation des études et à la réussite», selon le syndicat étudiant.