Les familles des trois jeunes électrocutés à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 vont demander la reconnaissance d'une faute de l'Etat, a-t-on appris jeudi auprès de l'un de leurs avocats, confirmant des propos tenus sur France Info.
Les familles des trois jeunes électrocutés à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 vont demander la reconnaissance d'une faute de l'Etat, a-t-on appris jeudi auprès de l'un de leurs avocats, confirmant des propos tenus sur France Info. — François Guillot AFP/Archives

Société

Emeutes de 2005 : le fil des évènements

Chronologie au jour le jour de l'embrasement des cités l'année dernière

- 27 octobre 2005: deux jeunes de 17 et 15 ans meurent électrocutés après s'être introduits dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Un troisième est grièvement blessé.
- Nuit du 27 au 28: des dizaines de jeunes s'en prennent aux pompiers, aux policiers, à des bâtiments publics. 23 voitures sont incendiées à Clichy-sous-Bois.
- Nuit du 28 au 29: Des émeutes éclatent à Montfermeil où des voitures sont incendiées. Une balle réelle est tirée sur un fourgon de police.
- Nuit du 29 au 30: 20 véhicules sont incendiés à Clichy-sous-Bois.
- Nuit du 30 au 31: des affrontements éclatent à Clichy-sous-Bois et à Montfermeil où 8 voitures sont incendiées. Une grenade lacrymogène atteint une mosquée de Clichy-sous-Bois.
- Nuit du 31 octobre au 1er novembre: les émeutes s'étendent aux villes voisines, 68 véhicules sont incendiés.
- 1er novembre: Dominique de Villepin reçoit les familles des deux jeunes morts électrocutés à Clichy-sous-Bois.
- Nuit du 1er au 2: les violences s’étendent à quatre départements de la région parisienne. 228 voitures sont incendiées ainsi que le magasin Mondial Moquette, sur la N3, à Bondy (Seine-Saint-Denis).
- 2 : dans 20 Minutes, le sociologue Sébastien Roché dit ne pas croire à une contagion des violences
-Nuit du 2 au 3 : des balles réelles sont tirées sur des policiers et des pompiers, des bâtiments sont incendiés ainsi que près de 200 véhicules autour de Paris. Une handicapée de 56 ans est grièvement brûlée dans l'incendie d'un autobus. Une concession Renault part en fumée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ainsi qu’un restaurant Courtepaille dans la zone Garonor de la ville.
-3 novembre : sept émeutiers sont jugés au tribunal de Bobigny en comparution immédiate. L'ambiance est tendue devant la salle d'audience : l'un d'entre eux est condamné à deux mois de prison ferme.
- Nuit du 3 au 4: plus de 500 véhicules et des entrepôts incendiés en Ile-de-France, notamment un entrepôt de 15.000 mètres carrés de la société de moquettes et de revêtements de sols UDIREV, dans la zone Garonor d'Aulnay-sous-Bois ainsi qu’un entrepôt de bois au Bourget (Seine-Saint-Denis).
- Nuit du 4 au 5: près de 900 véhicules sont brûlés ainsi que des bâtiments publics et des commerces à Paris et en province. La vitrine et la porte d'entrée de la permanence de l'UMP à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) sont brisées tandis qu’à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), un engin incendiaire est lancé sur le mur d'une synagogue. A Bretigny-sur-Orge, dans l'Essonne, l'école primaire Joliot Curie est dévastée par un incendie et détruite à moitié. Beaucoup de communes, à l'instar du Raincy (Seine-Saint-Denis) mettent en place des patrouilles citoyennes pour protéger les bâtiments publics durant la nuit.
- Nuit du 5 au 6: 1.300 véhicules sont brûlés dans tout le pays notamment dans le Nord, à Lyon et à Toulouse, (une trentaine à Paris). Le quartier de La Madeleine à Evreux (Eure) est durement touché : le centre commercial est en partie dévasté par un incendie.
- Nuit du 6 au 7: le pic des violences est atteint avec 1.408 véhicules incendiés, 395 interpellations et 36 policiers blessés. 274 communes sont touchées.
-7 : Dominique de Villepin annonce le recours au couvre-feu, qu'autorise une loi de 1955 déjà utilisée durant la guerre d'Algérie ou en Nouvelle-Calédonie en 1984 et 1985. A Stains, un homme de 61 ans décède à la suite d'une agression liée indirectement aux émeutes.
- Nuit du 7 au 8: 1.173 véhicules sont brûlés, les forces de l’ordre procèdent à 300 arrestations.
- 8: un Conseil des ministres exceptionnel prend "la décision de principe" d'un couvre-feu. Devant l’Assemblée nationale, Villepin fait quelques annonces : restauration de certaines contributions coupées aux associations, l'apprentissage possible dès l'âge de 14 ans, création de préfets délégués à l’égalité des chances, création de quinze nouvelles zones franches, création de 5000 postes d’assistants pédagogiques…
- Nuit du 8 au 9: 617 véhicules incendiés. L’Ile-de-France retrouve une relative tranquillité alors que les départements ruraux comme la Nièvre, le Doubs ou la Haute-Loire s'embrasent.
- 9: le décret sur l'état d'urgence est publié au Journal Officiel.
- Nuit du 9 au 10: 482 véhicules sont brûlés, 203 personnes sont interpellées.
- 10: huit policiers de Seine-Saint-Denis sont suspendus pour des "coups illégitimes" portés à un jeune le 7, à La Courneuve.
- Nuit du 10 au 11: 463 véhicules sont incendiés.
- 11: un des policiers impliqués dans "la bavure" de La Courneuve est écroué. Des engins incendiaires sont jetés sur la mosquée de Carpentras (Vaucluse). Le collectif Banlieue Respect pour la paix dans les banlieues organise un rassemblement devant le monument pour la paix du Champs de Mars à Paris.
- Nuit du 11 au 12: 502 véhicules sont incendiés et 206 personnes arrêtées.
- 12: pour la première fois, des violences éclatent en centre-ville, à Lyon. Le Mrap (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) organise une manifestation, place Saint-Michel à Paris, pour protester contre l'état d'urgence.
- Nuit du 12 au 13: 374 véhicules sont incendiés et 212 personnes interpellées.
- Nuit du 13 au 14: 284 véhicules incendiés, 115 interpellations.
- 14: le gouvernement annonce sa volonté de prolonger l'état d'urgence. M. Chirac annonce la création d'un service civil à destination de 50.000 jeunes. Le policier de La Courneuve est libéré. Procédures d'expulsion contre dix étrangers accusés d'avoir participé aux violences. Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, convoque la presse internationale à la Maison de la Radio pour lui dire que l'image de la France en feu n'est pas la bonne. Le Front National organise un meeting le soir à Paris sur le thème : Immigration, émeutes, explosions des banlieues : assez !
- Nuit du 14 au 15: 215 véhicules incendiés, 71 interpellations.
- 15: un incendie volontaire endommage une église en banlieue de Romans-sur-Isère (Drôme).
- Nuit du 15 au 16: 163 véhicules incendiés, 50 interpellations.
- 16: Le Parlement adopte la prorogation de trois mois de l'état d'urgence.
Jacques Chirac condamne l'incendie de l'église de Romans-sur-Isère.
- Nuit du 16 au 17: 98 véhicules incendiés, 33 interpellations.
- 17: La police fait état d'un "retour à une situation normale partout en France". Les émeutes sont finies.