Les tests génétiques par Internet, une pratique à risques

SANTE L'Agence de biomédecine alerte sur le manque d'encadrement médical des tests génétiques réalisés via Internet...

Alexandra Luthereau

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 Illustration - Tubes à essai dans un laboratoire
 Illustration - Tubes à essai dans un laboratoire — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Savoir si l’on est prédisposé(e) à une maladie génétique sur Internet? Pour cela, des laboratoires étrangers proposent des tests génétiques moyennant l’achat d’un kit sur Internet contre quelques dizaines ou centaines d’euros. Très facilement, il est alors possible de savoir si l’on est prédisposé à avoir du diabète de type 2, ou à quel âge un individu souffrira de dégénérescence maculaire (maladie de la rétine).

 
Vigilance vis-à-vis des résultats
 
Les progrès réalisés ces dernières années, la rapidité avec laquelle l’analyse du génome humain peut être désormais réalisée et la baisse des coûts drastiques facilitent la pratique de ces tests. En revanche, l’analyse et l’interprétation des résultats nécessitent la plus grande vigilance scientifique.
 
Dans le cas où une anomalie est détectée sur un gène ou un chromosome, plusieurs cas de figures existent. Si la maladie est multifactorielle, c’est-à-dire qu’elle dépend aussi de l’environnement du patient, il est alors difficile de prédire quand la maladie se déclarera ou sous quelle forme, légère ou grave. Il est également possible que jamais la maladie ne se manifeste. De la même manière, ne pas être prédisposé à une pathologie, comme les accidents cardio-vasculaires, ne signifie pas être complètement épargné par le risque.
 
Accompagnement médical nécessaire et obligatoire en France
 
Mais à ces questions, une feuille de papier reçue par la poste indiquant des résultats bruts ne pourra pas y répondre. «Les tests peuvent être dangereux quand les résultats ne sont pas accompagnés de conseils médicaux, d’une prise en charge ou de soins», alerte la professeure Dominique Stoppa-Lyonnet, généticienne.
 
Par ailleurs, la vie d’un individu peut être profondément chamboulée par l’annonce d’un risque de maladie génétique. Sans compter celle des membres de sa famille, susceptibles d’être également porteurs de l’anomalie.
 
C’est pourquoi l’Agence de biomédecine encadre en France les tests génétiques: prescription médicale obligatoire, lecture des résultats par un médecin, dispositif médical spécifique… Les tests génétiques sont réalisés par des laboratoires et des personnels agréés. Le laboratoire de biomédecine met par ailleurs en garde contre la génétique «gadget» ou «récréative», qui promet de révéler les origines d’un individu jusqu’aux siècles les plus reculés. En la matière, «de bonnes pratiques» rappellent la généticienne mais aussi la sensibilisation des publics devant une médecine génétique qui se démocratise.