Procès Meilhon: Les photos du corps de Laetitia glacent la cour

Vincent Vantighem (avec AFP)

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Dessin représentant Tony Meilhon durant son procès à Nantes, le 22 mai 2013.
Dessin représentant Tony Meilhon durant son procès à Nantes, le 22 mai 2013. — BENOIT PEYRUCQ/AFP

Il y en a eu plus de soixante-dix. Les photos du corps supplicié de Laetitia Perrais, 18 ans, ont glacé la cour d’assises de Nantes (Loire-Atlantique), mercredi matin, au procès de son meurtrier présumé Tony Meilhon. Mais, alors qu’il avait détourné les yeux pendant un moment, l’accusé n’a pas, pour autant, accepté de revenir sur sa version des faits, l’homicide involontaire. A la demande des jurés, les photos des parties du corps, la tête et les membres d’une part, le tronc d’autre part, et de leurs lieux de découvert début 2011, ont été montrées.

Juste avant, le président de la cour Dominique Pannetier avait demandé aux parties civiles de sortir et s'était assuré que seuls la cour, les jurés, les avocats, l'accusé et les journalistes pouvaient voir les images du corps de Laetitia Perrais, 18 ans.

Meilhon voûté, la tête baissée

Tandis que les photos - plus de 70 - défilaient, les visages se sont décomposés, certains jurés et avocats essuyant des larmes. Tony Meilhon lui-même, après avoir regardé les photos du site de Lavau-sur-Loire (où ont été retrouvé la tête et les membres), a baissé les yeux au moment où le corps est apparu. Quand les photos du site de Brior (lieux de découverte du tronc) ont défilé il était voûté, la tête baissée.

A la fin de la diffusion, son visage paraissait troublé mais le président de la cour Dominique Pannetier a décidé d'une suspension d'audience d'une dizaine de minutes. A son retour, ayant repris contenance, Tony Meilhon a refusé lors d'un nouvel interrogatoire de dévier de sa version des faits, un homicide involontaire qu'il aurait voulu déguiser en enlèvement suivi de meurtre, tuant sa victime évanouie car, selon lui, il la croyait morte.

«Ca n’aurait jamais du arrivé»

Interrogé par le président qui a souligné que l'accusé «lui-même» avait réagi devant ces «images terribles», Tony Meilhon a déclaré regretter «sincèrement ce qui s'est passé, ça aurait jamais dû arriver». Mais «si j'avais constaté qu'elle était encore en vie (après l'accident de la route, ndlr) il ne se serait jamais passé ce qui s'est passé ensuite», a-t-il soutenu, alors que de nouveaux enquêteurs mercredi matin ont montré la modération du choc entre sa voiture et le scooter de la victime, loin d'une vraie «collision». Il a aussi maintenu qu'il n'était l'auteur ni du démembrement, ni de la dissimulation du tronc, commis selon lui par son complice, «M. X».