Affaire Lagarde: L'Etat se constituera partie civile «dans les meilleurs délais»

JUSTICE Maurice Lantourne avait été placé en garde à vue, mardi matin...

avec AFP

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Bernard Tapie avec son avocat Me Maurice Lantourne, le 19 octobre 2005 à Paris.
Bernard Tapie avec son avocat Me Maurice Lantourne, le 19 octobre 2005 à Paris. — MOTOR/SIPA

L'Etat va se constituer partie civile «dans les meilleurs délais», vraisemblablement dès la semaine prochaine, dans le volet non-ministériel de l'affaire Tapie en cours devant le tribunal de grande instance de Paris, a-t-on appris mercredi auprès du ministère de l'Economie.

Les pouvoirs publics entendent ainsi «veiller à ce que les intérêts patrimoniaux de l'Etat ne soient pas lésés» et «avoir accès au dossier». L'entourage du ministre Pierre Moscovici a par ailleurs affirmé à l'AFP qu'un recours contre l'arbitrage rendu en 2008 en faveur de Bernard Tapie n'était «pas exclu, mais pas en cours».

Le Canard confirme, Peyrelevade affirme

Selon Le Canard enchaîné, Hollande avait pris cette décision afin d'«intervenir directement dans le dossier d'arbitrage faisandé Tapie-Adidas-Crédit Lyonnais».

Jean Peyrelevade, patron du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003, a aussi estimé ce mercredi que l'Etat français devait se porter partie civile dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. «L'Etat d'aujourd'hui doit essayer de compenser les fautes de l'Etat d'hier», a-t-il déclaré sur Europe 1, qualifiant de «gigantesque manipulation» l'arbitrage rendu en 2008 en faveur de Bernard Tapie dans le contentieux l'opposant au Crédit Lyonnais autour de la vente d'Adidas.

La garde à vue de Me Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie, avait par ailleurs été levée dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris auprès de l'avocat.

«Ma garde à vue a pris fin a deux heures du matin et je n'ai pas été convoqué par le juge», a dit Me Lantourne à l'AFP. Maurice Lantourne avait été placé en garde à vue mardi matin dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage dans l'affaire Tapie sur la vente d'Adidas qui avait permis à Tapie de toucher 403 millions d'euros. L'un des trois juges arbitres qui avait rendu la sentence, Pierre Estoup, 86 ans, a également été placé en garde à vue lundi dans un lieu «adapté à son âge».