La cigarette électronique bientôt interdite dans les lieux publics «au nom de l'exemplarité»

SANTÉ n rapport sur les dangers de la cigarette électronique est rendu ce mardi à Marisol Touraine, la ministre de la Santé. Présentation des trois principales recommandations...

Vincent Colas

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Dans un magasin de cigarettes électroniques à Paris, le 26 février 2013.
Dans un magasin de cigarettes électroniques à Paris, le 26 février 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

L’e-cigarette fait un tabac en France: elle aurait converti quelque 500.000 personnes, selon les fabricants. Moins chères, moins nocives, pas encore interdites dans les lieux publics… Les arguments ne manquent pas pour convertir de nouveaux «vapoteurs». Et font mouche, souvent auprès des (anciens) fumeurs. Sauf que les dangers de la cigarette électronique sont mal connus.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a donc commandé un rapport sur le sujet en février. «Il nous faut faire une évaluation bénéfices-risques de ce dispositif qui pose un certain nombre de questions», avait expliqué Marisol Touraine. Ce mardi, le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpétrière à Paris, lui rendra ses conclusions sur les effets de ce produit.   20 Minutes vous livre les grandes lignes de ce rapport.

 La cigarette électronique va être interdite dans les lieux publics «au nom de l’exemplarité»

La vapeur exhalée par les consommateurs d’e-cigarette ne contient «ni cancérogène ni produit toxique», assure le professeur Bertand Dautzenberg. «Le vapotage passif, ça n’existe pas», renchérit le pneumologue Gérard Mathern, président de l’institut Rhône-Alpes de tabacologie, qui a lui aussi participé à l’élaboration du rapport.

Ce n’est donc pas à cause des risques qu’il fait courir à l’environnement du «vapoteur» que son interdiction est recommandée dans les lieux publics, mais «au nom de l’exemplarité, poursuit le professeur Dautzenberg. C’est à ce titre qu’elle est interdite par certaines compagnies aériennes ou au Brésil. C’est une incitation à consommer», estime le pneumologue.

La e-cigarette ne sera pas surtaxée comme le tabac

La cigarette électronique ne sera pas surtaxée comme le tabac et sa vente ne sera pas exclusivement réservée aux buralistes, mais à des établissements agréés. D’autant plus que «les vendeurs font plutôt bien leur travail, assure le Dr Gérard Mathern. La plupart font leur propre autocensure et refusent de vendre le produit aux ados et aux femmes enceintes. Un ancien alcoolique ne va pas au bistrot pour acheter de l’eau. Un ancien fumeur ne doit pas aller au tabac pour acheter sa cigarette électronique.»

La vente interdite aux mineurs

Le professeur Dautzenberg craint que la cigarette électronique ne favorise l’initiation au tabac chez les jeunes. Car, selon une étude récente faite à Paris, 64% des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la e-cigarette n’avaient encore jamais fumé auparavant. Pire, ils sont deux fois plus en 2012 que l’an dernier à l’avoir essayée. Pour l’instant, le lien entre la cigarette électronique et la consommation de tabac chez les jeunes n’est pas formellement établi. Mais une étude menée par le Dr Gonewiecz est sur ce sujet en cours en Pologne, où la cigarette électronique rencontre un franc succès auprès des jeunes. C’est donc au nom du principe de précaution que sa vente serait interdite.

>> Vous êtes un adepte de la cigarette électronique? En consommez-vous dans les lieux publics? Quelles réactions observez-vous? Comprenez-vous l'interdiction qui se profile?

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