Les émeutes de novembre 2005 en Alsace

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Les violences urbaines débutent réellement en Alsace dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 novembre 2005 : onze véhicules sont incendiés, dont cinq dans la seule cité de l’Ill. Un hélicoptère de la gendarmerie nationale, muni de projecteurs et de caméras vidéos, survole tout le week-end les zones sensibles de la ville pour dissuader les fauteurs de troubles. La nuit précédente, dix-sept véhicules sont la proie des flammes, principalement à Hautepierre, le quartier retrouvant toutefois sa sérénité dimanche matin.

A Mulhouse, des inconnus incendient, le dimanche 6 novembre dans l’après-midi, une école primaire du quartier Brossolette. Le sinistre est rapidement maîtrisé par les pompiers. La veille, dix véhicules sont calcinés, principalement dans la cité Drouot et à Bourtzwiller.
A quelques encablures de là, les mêmes scènes de violence ont lieu à Illzach où huit voitures sont brûlées. A plusieurs reprises, pompiers et forces de l’ordre essuient des jets de pierres. Scénario identique à Colmar, où douze voitures sont carbonisées le même soir.
Dimanche 6 novembre, vers 22 h 30, un incendie volontaire ravage l’annexe du centre socioculturel du quartier du Marais, à Schiltigheim, qui héberge notamment un club de kayak. Une soirée durant laquelle sont également brûlés une trentaine de véhicules dans l’agglomération strasbourgeoise. Les premiers troubles, sporadiques et étalés jusqu’à 5 h 30 du matin, éclatent vers 19 heures. À nouveau, un hélicoptère de la gendarmerie nationale survole les quartiers sensibles afin de dissuader les casseurs.

Dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 novembre, Strasbourg connaît de nouveaux incidents, mais aucun accrochage direct n’a lieu entre forces de l’ordre et casseurs. Des incendies sont malgré tout signalés dans plusieurs quartiers de la ville et dans les communes limitrophes, à Lingolsheim et à Schiltigheim. Conformément à une tactique devenue habituelle, des petits groupes mobiles brûlent des véhicules (35 au total), puis se replient avant l’arrivée de la police.

Le mardi 8 novembre au matin, vers 5 h 30, des inconnus tentent de mettre le feu à l’église Saint-Benoît de Hautepierre. Rapidement arrivé sur place, le curé, Jean-Claude Heinrich, maîtrise le sinistre à l’aide d’un extincteur. « Quand je suis arrivé, j’ai vu les flammes sur la porte et de la fumée. On n’y voyait pas à deux mètres », racontera le prêtre, pour qui les auteurs « voulaient s’en prendre à un symbole ».
Dans le Haut-Rhin, 30 véhicules partent au même moment en fumée, principalement à Mulhouse et à Colmar, où six voitures sont détruites.