Agression d’un militaire à la Défense: Le point sur l’enquête

FAITS-DIVERS L'agresseur d'un militaire à la Défense samedi est toujours activement recherché par la police, qui ne privilégie pour l’heure aucune piste...

Delphine Bancaud avec AFP

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La police a déployé un périmètre de sécurité à La Défense après l'agression d'un militaire à l'arme blanche samedi 25 mai 2013.
La police a déployé un périmètre de sécurité à La Défense après l'agression d'un militaire à l'arme blanche samedi 25 mai 2013. — Mauviniere/AP/SIPA

Dans quelles circonstances s’est déroulée l’agression ?

Alors qu'il effectuait samedi une mission vigipirate dans le quartier d'affaire de La Défense (Hauts-de-Seine), un militaire de 23 ans, issu du 4e régiment de chasseurs de Gap, a été poignardé à la nuque samedi vers 17h50, par un homme qui a réussi à prendre la fuite dans le centre commercial. Le militaire, en tenue, était derrière ses deux collègues, ce qui expliquerait pourquoi son agresseur n'a pas été interpellé sur le fait. Les militaires  patrouillaient dans la «salle d'échange» de la Défense, lieu de transit souterrain entre les accès aux transports en commun et les commerces, très fréquentés le samedi, a fortiori une veille de fête des mères.

D'après le procureur de Nanterre, Robert Gelli, interrogé par l'AFP, le militaire le soldat a été frappé par derrière par un homme qui lui a porté un coup avec «une arme blanche», sans pouvoir dire s'il s'agissait d'un couteau ou d'un cutter. Le blessé a été soigné par les pompiers avant d’être admis à l'hôpital militaire  Percy à Clamart (Hauts-de-Seine).

Quel est l’état de santé du militaire agressé ?

Le militaire est dans un état «rassurant, satisfaisant», a indiqué samedi soir le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian Le Drian, qui a pu échanger avec lui «très cordialement».

Que sait-on du suspect ?

L'enquête, dans un premier temps du ressort du parquet de Nanterre, a été reprise par la section antiterroriste Acte terroriste ou geste d'un déséquilibré ? Les enquêteurs explorent actuellement toutes les pistes. Les enquêteurs ont aussi procédé à plusieurs auditions, notamment sur le terrain samedi soir, mais les témoignages semblent assez contradictoires, y compris sur la tenue vestimentaire de l'agresseur. Il est décrit par certains comme un homme grand, d'environ 1 mètre 90, portant une barbe, un pull et un pantalon noir. Selon leparisen.fr, d’autres témoignages font état d’un homme de type nord-africain, porteur d'une barbe, vêtu d'une djellaba et d'un blouson.

Selon une source proche du dossier, «toutes les bandes vidéos ont été récupérées et elles sont nombreuses» dans la zone où s'est produite l'agression, «entre celles de la SNCF, de la RATP et d'Unibail» (le gestionnaire du centre commercial des Quatre temps). Elles permettront de «donner des indices» et «on l'espère, d'identifier l'auteur».

Y a-t-il un lien entre cette affaire et le meurtre du soldat à Londres ?

François Hollande, interrogé samedi à Addis Abeba sur l'agression, a déclaré qu'«à ce stade» aucun lien n'était établi avec le meurtre d’un soldat britannique, attaqué mercredi par deux islamistes radicaux à Londres, mais «nous devons regarder toutes les hypothèses», a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a cependant clairement affirmé qu’on avait «voulu tuer un militaire parce qu'il était militaire» et a indiqué qu’il menait «une lutte implacable contre le terrorisme» avec Manuel Valls. Ce dernier a reconnu samedi soir sur France 2 que «des éléments» pouvaient conduire à «une forme de comparaison avec  ce qui s'est passé à Londres». «Mais à ce stade, très honnêtement, soyons prudents», a-t-il tempéré.

La sécurité des militaires est-elle remise en cause ?

Selon le gouvernement militaire de Paris interrogé par l'AFP, les patrouilles Vigipirate ont repris normalement ce dimanche matin. Jeudi, au lendemain du meurtre du militaire à Londres, des consignes de vigilance accrue avaient été données aux quelque 450 militaires du dispositif Vigipirate sur la région parisienne. De son côté François Hollande, a déclaré samedi : «Nous demandons à nos soldats qui font leur travail dans des conditions difficiles, y compris pour Vigipirate, de relever encore le niveau d'attention et si je puis dire de vigilance».